samedi 30 juillet 2011

Pourquoi Alexis est-il si nécessaire?



Jacques-Stephen Alexis est un immense écrivain dont l'oeuvre tout en étant ancrée dans sa culture et dans son temps, s'ouvre sur l'humanité et l'universel. Ce qui est l'une des caractéristiques des grandes oeuvres littéraires. Médecin, théoricien, romancier, intellectuel raffiné et exigeant avec lui-même, militant politique, il est assassiné à 39 ans le 22 avril 1962 par les Tontons macoutes de Duvalier (Papa Doc). Son oeuvre incontournable est d'une brûlante actualité, parce que le monde s'immobilise dans ses rapports entre dominants et dominés, oppresseurs et opprimés. L'idéologie dominante est devenue si puissante qu'elle annonce la mort des idéologies et la fin de l'Histoire. La machine infernale de la globalisation se montre résolue à broyer les cultures, les mémoires et les langues de la périphérie pour les remplacer par les prothèses de la pensée artificielle.

Marxiste, Alexis n'a jamais cessé de combattre le fascisme, et l'impérialisme dans sa vie, dans son oeuvre, en écartant celle-ci du carcan idéologique qui s'alimentait assez souvent dans le réalisme socialiste. Alexis lui a préféré le réalisme merveilleux qu'il a tenté de théoriser dans une communication intitulée Du réalisme merveilleux des Haïtiens présentée au premier congrès des écrivains et artistes noirs, à Paris en 1956. Selon le romancier, le réalisme merveilleux est l'expression de la tradition populaire, il prend sa source dans le vaste réservoir de la culture et de l'imaginaire populaires, résultat du processus de brassage, de métissage, de créolisation des cultures indienne, occidentale et africaine. Cet héritage multiple donne à l'Haïtien une vision particulière du réel, une sensibilité aigue, une créativité riche. Le réalisme merveilleux est « un art du foisonnement ».

En 1955, Alexis publie l'un des grands romans haïtiens, Compère Général Soleil qui met en scène un couple du bas peuple, Hilarion et Claire-Heureuse qui tenaillées par la faim et la misère, laissent Haïti pour aller couper de la canne en République dominicaine où le fasciste Trujillo règne. Hilarion prend conscience qu'il faut lutter contre l'obscurantisme et le fascisme qui ravagent son pays en ayant des échanges avec des détenus communistes. Peu de temps après, le sanguinaire Trujillo ordonne le massacre des Haïtiens pour faire face à un mouvement de revendication sociale. Hilarion et son épouse arrivent à s'enfuir, mais au moment de franchir la frontière, leur bébé est dévoré par des chiens policiers.

La stratégie d'évocation du tragique qui est l'expression même du fascisme, la géniale description des petites gens du peuple, où se déploie la langue d'Alexis dans toute son ampleur et l'espérance poétique dans la lutte pour trouver le chemin de la liberté, la dignité humaine sont parmi les éléments qui fondent la beauté et la grandeur du roman. Hilarion agonisant croit encore à l'avenir que porte Claire-Heureuse.

« Il faut que tu crées un autre Hilarion, d'autres Désiré [...]
Va vers d'autres matins d'amour, vers d'autres jours de la Saint-Jean, vers une vie recommencée [...] Tu diras à Jean Michel que j'ai vu clair où sous mes yeux, un grand soleil rouge a illuminé la poitrine d'un travailleur qui s'appelait Paco Torres [...] Tu lui diras de bien suivre la route qu'il voulait me montrer, il faut suivre ce soleil là... Le Général Soleil. » Continuer >

Les arbres musiciens sorti en 1957, deuxième roman d'Alexis aborde la lutte des paysans contre une grosse compagnie américaine qui les exproprie de leur terre pour y cultiver du caoutchouc. Papa Bois d'orme, le patriarche du vodou, malgré le support du jeune Gonaïbo, ingénu, plein de sagesse et amoureux d'Harmonise, n'arrive pas à organiser la résistance. Ce roman qui montre l'aliénation du peuple par le pouvoir (politique, économique, et religieux) est aussi une célébration de la puissance, de l'harmonie de la nature dans une langue riche, lyrique aux sonorités, aux rythmes exploitant magnifiquement les ressources du végétal et du minéral.

Ce lyrisme débordant se mêle à l'érotisme, à l'imaginaire latino-américain dans l'Espace d'un cillement (1959), beau récit qui chante tous les sens, met en lumière la mémoire de la Nina Estrellita, prostituée au Sensation-bar qui en six cillements revit sa belle histoire d'amour avec l'ouvrier, militant communiste El Caucho. Du roman au récit, Alexis passe au conte et publie le Romancero aux étoiles (1960) composé de neuf contes qui s'inspirent de la tradition populaire et portent le réalisme merveilleux à son point culminant. L'imagination d'Alexis y est foisonnante, l'écriture est aussi dense, puissante, mais est plus réussie, plus évocatrice, plus poétique. C'est le plus grand aboutissement de son écriture. Elle fait la part belle à la sagesse, à la magie, au rêve, au fantasme éblouissant.

Lire Jacques-Stephen Alexis aujourd'hui est une nécessité absolue, car son oeuvre nous invite à réfléchir sur l'éthique et l'esthétique. Elle nous porte à questionner les rapports sociaux faits d'inégalité et le fonctionnement des pouvoirs économique, politique, religieux qui s'accordent sur l'aliénation du peuple croupissant dans l'obscurantisme et la superstition. Elle place l'homme au coeur même du monde. C'est lui qui doit primer, mais non la machine, l'économique, le pouvoir.

Face au repli intimiste de nombreux écrivains cultivant la négation du monde, l'auto-fiction où ils se plaisent à raconter leurs petits bonheurs et leurs petits malheurs coupés du mouvement du réel, Alexis est plus que nécessaire. Car, lui, il nous donne à penser des situations incarnées, selon la belle formule de Danielle Salnave. Il nous met face au réel, et nous porte à réfléchir sur notre propre existence. Il nous donne à voir la vie mouvante dans ses blessures profondes et dans sa splendeur, son étonnement, son émerveillement.

Le plus grand héritage de Jacques-Stephen Alexis est la langue. On reconnait un grand écrivain par la beauté de sa langue. Le roman avant d'être une question de stratégie narrative, de fonctionnement du récit, est une question d'écriture. L'écriture avant tout, sinon tout le reste est anecdotique. Alexis le savait mieux que nous. Il a créé sa propre langue. Une langue éruptive, une langue qui s'étend en cordillère des Andes, une langue au souffle puissant et inépuisable, qui se déploie en surabondance d'images poétiques, musicales, cosmiques. Une langue fourmillant de sensations. Une langue baroque, mais si maîtrisée qu'elle joue sur divers registres avec le même bonheur.

« Sa croupe était un nard, deux oeufs du délice suspendu dans l'espace, double-croche musicienne, petit soleil gémellaire aux lentes vibrations! Je contournais la pluie de ses hanches pour me pelotonner au creux de ses reins, coquille mélodieuse, volute d'aromate, lambi rose »

Quelle beauté, quelle volupté, quel plaisir de tous les sens! Jacques Stephen Alexis nous prouve qu'il est poète aussi, et pas n'importe lequel, un grand, à côté du grand romancier qu'il est !


Bonel Auguste

jeudi 14 juillet 2011

NE M'APPELEZ PLUS JAMAIS HAITI , MON CŒUR EST EN LAMBEAUX !!!



Les Haïtiens m'ont laissée tomber depuis deux cents ans. 
En 1804 j'étais un géant, j'étais aussi forte que l'Europe d'antan
J'étais l'aboutissement du rêve…
… de millions d'hommes de seconde classe et de race
Deux ans après, 1806, Vertières n'est plus, le colon revient : 
Bruno Blanchet me préside
Mes fils me consomment en demi-tasse : 
dettes, dictatures, anarchismes, populismes et aides
De révolutions en révolutions, de coup d'Etat en coup d'Etat,
… d'élections en élections…
… mon corps s'abime et il se vide de son sang
Dessalines doit se retourner dans sa tombe …
…devant ces petits fils qui me tètent à tue tête
Lui qui rêvait d'égalité entre mes fils,
…lui qui voulait que je sois respectée et redoutée.
Il doit être amer devant ces costards, ces grosses jeeps, ces dollars…
… et les résultats fabriqués des élections de ces chefs légitimes
Cité Soleil, Raboteau, Nan Savane, les Irois, les Kokorat …
…et ceux d'en bas n'auront jamais leur part !
Ces damnés n'ont pas vu où sont passés les chemins de l'espoir, 
les promesses d'Acaau, du manifeste de Praslin et celles de Saint-Jean Bosco.
Ils espèrent tous voir la sortie de cet enfer que je suis,
…ils élisent, la crise s'enlise, et la crasse s'aiguise.
Je succombe à l'évolutionnisme de la mère scorpion,
…crevée pour que vivent mes petits. 
…Je suis un mort-vivant : 
…mes arbres sont calcinés dans la cuisine de mes fils affamés et… inconstants,
…mes rivières sont asséchées, la mer qui m'entoure est vide, 
…mes trottoirs sont des marchés publics...
…je suis désabusée !
Je ne suis plus Haïti…,
je ne suis que le modèle parfait de la misère et de la crasse, …
…le lieu où les autres viennent déverser …
…leur pitié et leur humanisme pour avoir bonne conscience. 
Je suis un pot de terre contre le glaive de mes fils …
…de droite, de gauche et ceux d'aucun camp :
… mes eternels marrons,
… ils ont des amis des deux cotés et leur victoire est assurée !
Pour mes messies, mes leaders charismatiques, mes révolutionnaires, …
…mes nationalistes et mes anti-bourgeois il y a eu le sacre. 
Et pour moi toujours le massacre dans leurs entreprises de démolition. 
La peur m'empoisonne : 
quel sera cette année mon rang dans l'IDH, le RNB/hab et l'IPE ? 
Christophe doit tomber de haut dans son éternité, 
…doit se sentir humilié devant ces fils ratés
Fallait-il faire la Ravine-à-couleuvres, la Butte-Charrier et Vertières…
… pour aboutir à ma déchéance ? 
Mes premiers fils ont fait la Citadelle et…
… mes derniers font Cité l'Eternel, Liberte , de Dieu.. Jalousie…
Mes premiers ont cassé l'esclavage et le colonialisme
… mes derniers cassent mon prestige et mon honneur. 
Ils se font mendiants et assistés. 
Enfants de malheur,
… oh je suis la pute et ils sont mes fils. Eh oui !! Ces fils de p.........
Ce n'est pas les deux cent ans qui m'abusent…
… mais ces fils incestueux qui m'infectent 
Ils étaient là au Pont-Rouge, en 1825, en 1914, 
…en 1950, en 1957, en 1971, en 1990, en 1994 et en 2006..
Mes premiers fils ont fait le Bois-Caïman et la Ravine-à Couleuvres, …
…mes derniers font le Bwa Bande, le Kanpe Kin'n et le Gren'n pwa…
Et j’en passe… 
Ils m'ont imposé Soulouque, Tonton Nord,
les Zinglins, les RPK et les Tontons Macoutes en mariage…
… au lieu de Firmin et du progrès en concubinage...
…Oh ces fils de putes…
Ils m'imposent les plus incultes …
sous couvert de pouvoir au plus nombreux, …
…oh fils pourris qui salissent mes entrailles !
Ils m'appellent Perle des Antilles... 
Ah mes fils font encore leur besoin dans des bocaux, …
des sachets, des canettes et à l'air libre. 
Ils se foutent de moi ces négrillons !!
…Ideologues de la mulâtrie… 
Première république noire, eh oui je l'étais en 1804. Cela se mérite. 
Mais je ne suis plus que l'ombre de moi-même. 
Et depuis, mes fils chéris vous aviez fait quoi ? Canaille et racaille ! 
Je suis devenue la terre des préjugés , des complexés et de l’apartheid
Je plains vos slogans creux et hypocrites. 
J'aurais du être moins chrétienne en faisant dix millions d'avortements, 

Vous me donnez l’envie de vomir
je n'aurais eu aucun de ces marrons comme fils. 
Tonnerre.... 
j'ai bien compté mais mal kalkilé 
Antenor Firmin a fini par avoir raison : 
« mêmes les cochons s'ils le pouvaient me quitteraient....... »
Et l’oncle aura-t-il raison un jour :
…redeviendrons-nous nous-mêmes ?
Quand on sait quel est le prix d'un parlementaire,…
… combien il coûte en ressources financières (mon sang !, mes sueurs !) fallait-il m'imposer ces K2, ces C2, ces J3,JPP2, JTT2 ?
J'en meurs.
Je meurs de ces soulouqueries, de ces lavalasseries, 
…de ces makouteries, de ces JNBisteries…
de ces droite-Gauche et que sais-je. 
Qu'est ce qu'ils Prévalent ? 
Et la Mikiterie ?...la même rengaine ? 
Redeviendrai-je croyante un jour ?
Misères… amertume… déceptions…
Comment seront mes filles et fils demain ?
Toujours le même « chenmanjechen »
Je suis en lambeaux, mes fils n'ont aucune honte, 
…ils ne se culpabilisent pas. 
C’est toujours l’autre le coupable…
…Sacrés éhontés !!
Des nuages noirs qui viennent de Solino et de La Saline,
… de Fond-Verretes, des Gonaïves et de Gran Ravine colorent mon visage.
J'ai honte de moi. 
Qu'une puissance nucléaire ait le courage d'accélérer mon naufrage et d'abréger ma souffrance !
Le séisme du 12 janvier n’a rien fait…
il m’a loupé… 
Je veux rejoindre l'Atlantide… sodome , gomorrhe….
et…
… m'offrir aux archéologues …aux holocaustes…
…au lieu de rester encrassée, violée, édentée,
… pointée du doigt par nos voisins et nos lointains et …
…salie sous les pieds de mes foutus fils.
Ils lavent leurs linges sales en public…
Ils se vendent pour n’importe quoi…
Des putes qui atteignent le fonds , quoi !
De 1806 à 2010 le temps s'est écoulé, il a passé pour rien. 
Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines ,
Henri Christophe, Anne Alexandre Sabes, Capois Lamort et les autres…
…n’avaient rien à y foutre…
…Ils ont perdu leur temps…
Rien n'a changé pour moi. 
…Finissons-en ! 
Ah vous voulez reconstruire !
Reconstruire ma laideur, ma crasse, mon visage ridé, mon estomac vide, mon sang infecté par le cholera du néocolon
…et mon anarchie !
Votre proposition est indécente ! 
Ne m'appelez plus Haïti !! 
C'est ma dernière volonté !
Trop de bottes inconnues et hypocrites se trouvent sur mes entrailles…. 
Et me souillent… et… 
…piétinent allègrement et sadiquement,
…afin de me rappeler… 
Je suis le mauvais exemple à ne pas suivre … 
parce que vous autres colonies des impérialistes … …
Esclaves des temps modernes ...
…devriez rester comme vous êtes… 
…si vous ne voulez pas finir comme moi … 
Mon hardiesse d’avoir été la première Nation composée d’esclaves … 
…à se battre avec bravoure en vue de conquérir son indépendance … 
En battant à plate couture l’armée napoléonienne , …
…La plus grande machine de guerre mondiale … 
…à cette époque-là… 
…Je dois la payer chère… 
… ad vitam aeternam 
Ma dernière volonté… ? 
…Si je dois rester une ‘Nation-assistée’ toute ma vie.., 
…Ne m'appelez plus Haïti !!
…Mon cœur est en lambeaux 
… « KÈ’M AP DÉCHIRÉ ! »
Malgré tout… 
…Un jour…
Je renaitrai de mes cendres …
Et redeviendrai une merveille…
Respectable et…respectée !!!



Andy Limontas

lundi 11 juillet 2011

Décès de Mme Lemoine : Jacqueline rejoint Lucien pour l’éternité


La comédienne Jacqueline Scott Lemoine, 89 ans, est décédée hier à Dakar. La Sénégalaise d’origine haïtienne a rejoint dans l’au-delà son défunt mari Lucien Lemoine, décédé l’an dernier. 

La communauté artistique est endeuillée. La comédienne Jacqueline Scott Lemoine n’est plus. Elle est décédée avant-hier dans la nuit de samedi à dimanche à Dakar. L’ancienne pensionnaire de Sorano était âgée de 89 ans. Elle disparaît ainsi dix-huit mois après son mari Lucien Lemoine décédé le 13 janvier 2010. L’actrice ne s’est jamais remise de la mort de son Lucien qui était pour elle ‘un époux, un frère, un ami et un conseiller’. Lors de l’hommage qui avait été rendu à Lucien Lemoine, le 20 mars 2010, au théâtre Daniel Sorano, elle témoignait : ‘Il était l’autre moi-même, mon seul guide.

Désormais, je vis seule avec le bruit gênant de ma respiration. Mon âme s’est échappée de moi avec son décès’. Aujourd’hui, Jacqueline Scott Lemoine a rejoint Lucien Lemoine dans l’au-delà.


Jacqueline Scott Lemoine est Haïtienne de naissance et Sénégalaise d’adoption. Elle naquit en 1923 à Haïti dans la capitale Port-au-Prince. Elle a vécu plus de quarante ans au Sénégal. Elle s’était installée avec son mari, Lucien Lemoine, au pays depuis le premier Festival mondial des arts nègres de 1966. L’hospitalité leur était offerte par le premier président sénégalais, Léopold S. Senghor.


La comédienne avait marqué les planches du théâtre national Daniel Sorano avec sa prestation remarquable dans la pièce La Tragédie du roi Christophe présentée par la République de Haïti. Jacqueline avait alors joué aux côtés du comédien sénégalais Douta Seck. Elle a par la suite interprété de nombreux rôles, notamment la reine mère dans L’Exil d’Alboury de Cheik Alioune Ndaw. C’est à travers cette pièce qu’elle a fait ses adieux aux planches le 29 juillet 2006. C’était à Sorano. ‘Il faut bien que je parte, on ne peut pas être là tous les jours jusqu'à la fin. J'ai droit au repos maintenant’, avait dit l'actrice lors de cette soirée d’adieu. Elle avait marqué de son empreinte les coins et recoins du temple de la culture et était présente toujours aux grands rendez-vous de Sorano.


La comédienne retrouvait ses autres passions : la lecture et l’écriture. Elle publie Les Nuits de Tulussia aux Editions Présence Africaine en 2005, La ligne de crête aux Editions Le Nègre international en 2007 et de nombreux autres recueils de poèmes. Jacqueline Scott Lemoine était rédactrice de la revue Entracte. Selon les pensionnaires de l’atelier de recherche et de pratiques théâtrales à l’Ucad, elle leur rendait visite pour partager avec eux son expérience de comédienne. Cet atelier est fondé par son défunt mari et le professeur Ousmane Diakhaté, par ailleurs directeur de Sorano.


Jacqueline Scott Lemoine était actrice de cinéma et de télévision. Repose en paix ‘Reine mère’ !


Fatou K.SENE

samedi 9 juillet 2011

Libertine mais pas catin !

Dans la vie tout le monde a ses priorités
Mais le cœur a parfois des exigences !
Quel est donc ce droit qui vous permet de me juger ???
Laissez-moi agir en mon âme et conscience...

Respectez mes choix,qui me viennent du cœur
Car vous manquez cruellement d'indulgence
J'ai le droit de vivre ce qui fait mon bonheur...
J'assume, et je cultive ma différence !

Moi, je prends cet atout comme une chance
D'ailleurs que savez-vous de l'amour éternel
Qui se termine souvent dans l'indifférence !
Moi je m'épanouis dans le pêché charnel

Je ne mérite pas pour autant la potence ...
Je vois le monde comme une histoire sensuelle
L'hypocrisie seule, feint mon ignorance
Vos leçons sont pour moi délictuelles !!!

Je ne mérite pas qu'on me critique, ni qu'on m'envie...
Je ne fais même pas partie des têtes couronnées ???
Et aucune d'elles n'a fait de halte dans mon lit !
Je suis malgré tout une femme libérée ...

Et si j'expose mon corps, sans aucune pudeur
Cela ne fait pas de moi une femme facile ...
J'ai de la décence et des valeurs
Un esprit vif, mais indocile !

J’aime tous les plaisirs, et je suis faite pour l’amour....
C'est pas pour moi, les amants de passages
Je fais l'amour comme du monde on fait le tour
En m'amusant de mes formes, et jouant de mon corsage...

Bien souvent on me traite de putain !
Sûrement mes sens exaltés, résonnent comme un aveu ...
Comme tout le monde, j’ai besoin de tendresse, c'est certain !
C'est pas de ma faute, si au corps j'ai le feu ...

Alors, j’offre mes regards, mes sourires, mais pas mes soupirs
À ces gens qui pensent, et qui me croient facile !
Je sais qu'entre mes cuisses, ils aimeraient défaillir...
Dans une extase fugace, et ô combien futile

Oui j'avoue que j’aime plaire, et séduire !
Mais je sais dire non, je suis une rebelle ...
Et quand les yeux brillent, sur ma peau reluire
Avec des bas comme ornement, j'ensorcelle ...

J'aime l’amour, la douceur, et la volupté
Des baisers salés, de la sueur de ces jeux interdits ...
Que l’on me prenne avec fougue et sensualité !
Et que ces gestes osés, se finissent dans un orgasme de cris

Mais savent-ils vraiment, tous ces gens envieux
Que je suis un être très sensible ?
Que parfois, je me retourne vers Dieu
Parce que j'ai une âme, et pas un cœur amovible ...

Je suis une une femme de sang et de feu !
Mais que savez-vous vraiment, de mes espoirs déçus ?
Vous me jugez bien mal, car j’ai le corps heureux ...
Parfois je me sens comme un ange déchu

Sous toutes les coutures, souvent contemplée !!!!
Dévisagée, épiée par des imbéciles ...
Observer, comme une bête curieuse examinée 
J'ai beau m'en amuser, la caricature n'est pas toujours facile !

Y a rien qui justifie votre rancœur !
Même si j'accapare l'intention de mes douceurs 
À ceux qui affectionnent mon univers sans panique !!!
Je leur offre la clef de mon monde si unique ...

MOUNIRA JEAN-ELIE

jeudi 7 juillet 2011

A tous qui veulent lire l'histoire de la mulâtrie au présent dans le passé



Un auteur peu connu, Alexandre Bonneau, avait produit un titre en 1862 un document d'une valeur hsitorique: HAITI, SES PROGRES, SON AVENIR. La question des Noirs et des Mulâtres y était clairement évoqué.  Voici ce qu'il écrivit au chapitre VIII de son livre.   


"Ce n'est pas pour flatter les Haïtiens que nous avons pris la plume, mais pour les défendre contre des accusations injustes et pour leur dire des vérités utiles. Ils ont fait des pas en avant, depuis l'organisation donnée au pays par Alexandre Pétion; leurs détracteurs élèvent en vain la voix; si la culture de la canne s'est maintenue pour la production du sirop et du tafia ; si de 35 millions de livres de cafés exportés, on est arrivé à 60 millions; si de 15 millions de livres de campêche, on est parvenu à en exploiter 104 millions ; si la culture renaissante du coton a produit l'année dernière 2,500,000 livres; si l'instruction publique, la justice et les cultes ont été largement réorganisés, n'est-ce pas la preuve éclatante d'un mouvement ascensionnel très-sérieux ; mais à qui la nation est-elle redevable de ces bienfaits, si ce n'est au gouvernement des hommes de couleur ?


Nous le dirons donc avec une entière conviction; les mulâtres sont, quant à présent, les conducteurs nécessaires de la société haïtienne ; ils représentent le progrès au milieu d'elle ; ils sont l'incarnation du génie européen infusé dans le sang des populations africaines, et ceux-là tromperaient la race noire et la pousseraient à sa ruine, qui voudraient lui persuader qu'elle peut se passer d'eux et se gouverner désormais par elle-même. C'est aux hommes de couleur qu'il appartient de rapprocher leurs frères noirs de la civilisation, et de rendre à Haïti, par la liberté, la haute fortune dont elle fut dotée autrefois par l'esclavage. Il ne s'agit pas ici de vaines hypothèses, mais d'une loi providentielle éclatante comme le soleil des Antilles.   


Est-ce à dire que les mulâtres seuls ont droit de remplir les fonctions publiques? Rien n'est plus loin de notre pensée. Nous croyons, au contraire, qu'il est juste, qu'il est indispensable, de confier des emplois à tous les noirs qui sont en mesure de les remplir d'une manière convenable; et les chefs mulâtres l'ont de tout temps compris. Sous Boyer et sous le président Geffrard comme sous Pétion, les noirs instruits et intelligents ont été appelés aux plus hautes dignités ; ils ont siégé en majorité dans les Chambres et dans les tribunaux ; ils ont occupé les grades les plus élevés de l'armée ; ils ont fait partie du conseil des ministres. Tout ce que nous demandons, dans l'intérêt général de la nation, c'est que la direction soit confiée aux plus capables, qui, dans l'état actuel de la société, sont incontestablement les hommes de couleur.   


Noirs et jaunes, soyez donc unis, comme il convient à des hommes nés de la même mère, co-partageants dans le même héritage, et solidaires à tel point qu'on ne saurait léser les intérêts des uns sans mettre en péril les intérêts des autres. Les divisions intestines sont plus fatales à Haïti qu'à aucune autre nation du monde. Celles qui ont éclaté jusqu'à ce jour ont ralenti la marche du pays, et si les noirs ne sont pas, à cet égard, exempts de reproches, les mulâtres, nous ne craignons pas de le proclamer, ont assumé dans les révolutions la responsabilité la plus lourde. Les jaunes se montrent, en général, trop pressés d'arriver; leur pétulance tend au désordre, et beaucoup ont en eux-mêmes une confiance exagérée, qui leur fait trop souvent oublier ce que le peuple a droit d'attendre encore de la sagesse, de la capacité, de l'expérience consommée des hommes qu'ils voudraient évincer de positions conquises par un long dévouement à la chose publique et par d'éminents services.


 Norluck Dorange

mercredi 6 juillet 2011

Le ‘’ Konpa’’ : identité haïtienne.


Né, en 1955, le fils légitime du saxophoniste haïtien, Nemours Jean Baptiste : le ‘’Konpa Dirèk’’ fête ses cinquante six ans ce 2011 avec un bilan plus ou moins positif, grâce à la promotion d’une mosaïque de groupes musicaux, comme : Magnum Band, Bossa Combo, Jazz des jeunes, Zenglen, Carimi, Invincibles, Jouvenceaux, Tropicana, Septen, etc. Des aînés musclés et des jeunes élégants.

Le ‘’Konpa’’ et une partie de son histoire…
De la Rumba cubaine au Konpa haïtien en passant par le Callipso trinidadien, les meilleurs rythmes dansants du monde viennent de la Caraïbe, cette partie du monde où se situe Haïti.

Chaque île de ce bassin possède sa propre tradition, et richesse musicale, et le ‘’konpa’’ représente l’une des forces de cette zone, il est cet innovation rythmique sortie d’une compétition musicale entre deux grands architectes d’exception, Nemours Jean Baptiste et Wébert Sicot. C’est en effet à la fin des années 1955 que c’est deux ‘’compères’’ après avoir débuté et joué dans ‘’L’ensemble aux calebasses’’ fondaient chacun de leur côté un groupe musical. C’est là que le ‘’konpa dirèk’’ va connaître son premier été. 

Le Saxophoniste Nemours Jean Baptiste lancait, en 1955, le ‘’ ’konpa dirèk’’, et Wébert Sicot, de son côté, exécutait non seulement la cadence rampa mais jouait aussi d’autres rythmes locaux tels que le rada, le pétro, le boléro, ce qui engendrait une rivalité entre Nemours Jean Baptiste et Wébert Sicot, qui devenaient les deux fers de lance de la musique haïtienne. De cette lutte musicale fratricide, le ‘’konpa dirèk’’ a survécu. 

Les différentes sources de la musique Haïtienne.
Il est très difficile de parler d’une d’influence musicale bien précise ‘’konpa dirèk’’, si certains connaisseurs pensent qu’il a puisé dans plusieurs sources : dont le Jazz américain et la musique Cubaine (Boléro), d’autres disent qu’il est le fruit du mariage de trois cultures : l’Europe, l’Afrique, et la Caraïbe. 

Les européens, les africains se sont introduits dans l’île et ce mélange d’ethnies et de civilisation a favorisé la naissance d’une expression musicale très variée, vouée à la détente, basée sur une formule que certains disent, encore proches du calypso, d’autres du flamenco, ou du meringue dominicain une meringue lente et caractérisée par une emphase lourde sur le rythme l’accent, la mélodie, l’improvisation. Elle a prisé également dans beaucoup de bassins musicaux de la région d’Amérique du sud, mais le ‘’Konpa’’ reste et demeure la forme de musique la plus populaire parce c’est une musique complexe faite sur la percussion épicée de corde et de cuivre. 




Plusieurs groupes musicaux et talentueux artistes haïtiens ont fait le bonheur, et la promotion de cette musique très affectionnée, prisée par les mélomanes du monde entier, des groupes tels que : Tabou Combo, System band, Skah Shah, Magnum band, Coupé Cloué, Bossa Combo, Dp Express, Tropicana, les Frères de Jean, Septentrional, avec eux, la musique haïtienne, dans le futur exercera un véritable leadership sur le bassin caraïbe. Les musiciens qui ont contribué au développement du ’konpa dirèk’’, sont le génial maestro du cadence Rempa, Wébert Sicot, l’excellent chanteur à la voix douce et mélodieuse du super Jazz des jeunes, Gérard Dupervil, le roi Coupé Cloué, Ti manno de son vrai nom Antoine Rossini Jean Baptiste, Pour ne citer que ceux-là. 

Un essaim de jeunes musiciens assure l’avenir de cette musique populaire dansante haïtienne, qu’on danse avec le cœur et les tripes : le Konpa dirèk.

Emerson VILBRUN

bonzouti.com

lundi 4 juillet 2011

Festival africain « Sam’Africa »


L'artiste plasticienne congolaise (Brazzaville) Rhode Bath-Schéba Makoumbou participe à l'exposition collective au Festival africain « Sam’Africa »








Du vendredi 2 au dimanche 4 septembre 2011.
Horaire d’exposition : de 10 à 12h et de 14 à 18h.

Office du Tourisme
32130 Samatan (Dép. du Gers). France.
Infos : +33(0)562 62 55 40