lundi 29 septembre 2014

Un matin calme


La nuit s'en est allée avec ses rêves et le jour éclot d'un matin calme.
Dans le ciel embrumé, le soleil s'est caché dans les nuages blanchâtres.
Le lac majeur entre montagnes et plaines semble encore endormi,
sa surface bleuie se nuance de gris, les eaux du lac chatoient ses reflets,
comme voulant multiplier ses facettes et son attrait dans un matin calme.
Le vent ne s'est pas levé, pas encore, celui du nord est attendu...
Dans ce matin calme, dans ce matin immobile,
pas la moindre palme ne crépite ou ne valse sur son stipe,
pas la moindre feuille ne vole ou ne danse sur sa branche.
Le vent ne s'est pas levé, pas encore, le vent du nord est attendu.
Dans le jardin, la blancheur de la brume vaporeuse se viride.
Dans ce matin calme, les oiseaux matineux conversent et chantent.
Le corbeau émet trois croassements, bousculant le matin, puis se tait.
La mésange charbonnière zinzinule, le rougequeue gringotte et trille.
Dans les herbes, les criquets, les grillons et les autres insectes stridulent.
Dans les fleurs, les infatigables abeilles sont déjà à la récolte,
les camélias d'automne bourdonnent de vie, les abeilles la visitent.
Dans le lointain, j'entends venir le grondement des voitures,

comme l'amorce du matin qui s'éveille aux tumultes  de la vie,
Puis ce sont les cloches des églises qui sonnent.
Le matin calme est révolu, le temps de l'homme et du bruit est venu.
Evariste Zephyrin