jeudi 30 mars 2017

LES ÉCRIVAINS ANTILLAIS PLUS CONSTRUITS QUE LES ÉCRIVAINS AFRICAINS ? CES DERNIERS SERAIENT-ILS NOTRE TALON D'ACHILLE ?



Les écrivains Antillais dans l'ensemble, gardent une dignité, un courage, une intégrité admirable par rapport aux écrivains Africains francophones.

En effet depuis Senghor, - hormis Cheikh Anta Diop et Mongo Béti, les écrivains Africains sont des hommes couchés.

Aux Antilles, ces hommes et femmes ont un talent fou, même si la France refuse de nous parler d'eux. Qu'il s'agisse de Raphaël Confiant ou Glissant, d' Ernest Pepin ou de Patrick Chamoiseau. Ces hommes font des livres, de très grands livres. Et ils militent pour les causes qu'ils défendent liées à l'environnement où ils vivent, à la créolité. 

Tandis qu'en Afrique francophone, les talents sont très moyens et les hommes ne disent rien. Ils courent d'instituts en instituts, nier les évidences de leurs propres souffrances, énonçant ce à quoi ils n'y croient pas pour gagner quelques subsides ou avoir quelques articles dans les journaux. Les voilà qui parlent des ateliers de la pensée, eux qui n'ont jamais pensé plus loin que leur ventre. 

(D'ailleurs, il est assez rigolo de voir que ces types disent " qu'ils organisent " ! Comme s'ils avaient les moyens financiers pour organiser ! Ils prennent vraiment des Africains pour des cons !) Ce qui est d'autant plus étonnant que les femmes n'ont pas cette attitude malsaine et qui empêche l'évolution des rapports Nord-Sud. Je me souviens des sorties de Fatou Diome, de Were Were Liking ou de Ken Bugul, de Aminata Traoré et de quelques autres. 

Les paroles des femmes Africaines sont pleines de vérité, quitte à choquer ; leurs paroles vont dans le sens de l'équité et de la justice universelle quitte à déplaire. On ne parle pas d'elles, pourtant ce sont les seules lumières de l'Afrique aujourd'hui. 

Femme flamme, flamme lumière ou femme lionne. Et ces médiocres mâles d'expliquer à leurs maîtres que les femmes sont absentes des rencontres parce qu'elles ont d'autres préoccupations ! 

Et de dire qu'ils sont les seuls. 
Que l'Afrique c'est comme ça ! 
Pauvres d'eux.

Question : comment expliquer ce déphasage comportemental entre les deux sexes en Afrique ? Pourquoi ces hommes couchés et ces femmes debout ? Peut-être parce que seules les femmes sauveront l'Afrique.



Calixthe Beyala

dimanche 19 mars 2017

Prix Nobel de littérature 1992, DerecK Walcott, 87 ans, est mort vendredi à Sainte-Lucie


Le prix Nobel de littérature 1992 Dereck Walcott est décédé ce vendredi 17 mars 2017 à l'âge de 87 ans dans son île natale de Sainte-Lucie. Poète et dramaturge, il est mort à son domicile sur les hauteurs de Gros-Ilet, en face de Pigeon Island. Auteur entre autres du recueil de poèmes "Oméros" et de pièces de théâtre comme "Rèv a sou mon makak", Dereck Walcott avait rempli de joie et de fierté les habitants de son île à l'annonce du prix Nobel de littérature attribué en 1992 par le jury d'Oslo. Il donnait ainsi à Sainte-Lucie, son second prix Nobel après celui d'économie attribué quelques années auparavant à Sir Arthur Lewis (1915-1991). Les deux hommes avaient vu le jour un 23 janvier. Une date à laquelle les écoliers de Sainte-Lucie leur rendent hommage chaque année.

source

L’amour après l’amour


Le temps viendra
où, avec allégresse,
tu t’accueilleras toi-même, arrivant
devant ta propre porte, ton propre miroir,
et chacun sourira du bon accueil de l’autre
et diras : assieds-toi. Mange.
Tu aimeras de nouveau l’étranger qui était toi.
Donne du vin. Donne du pain. Redonne ton cœur
à lui-même, à l’étranger qui t’a aimé
toute ta vie, que tu as négligé
pour un autre, et qui te connaît par cœur.
Prends sur l’étagère les lettres d’amour,
les photos, les mots désespérés,
détache ton image du miroir.
Assieds-toi. Régale-toi de ta vie.

Derek Walcott
Raisins de mer [Sea grapes], 
traduction de Claire Malroux,

NULLE MORT NE PEUT : Pour Derek Walcott


Il y a tant de chênes à Atlanta qui gémissent encore

Des champs qui pleurent
Qui chantent aussi
Et qui impriment aux capsules du coton des torsions incroyables !

C’est ce mélange
C’est cette torsion
Ce plus insoutenable qui habille l’envol des belles et seules images !

Que la mer mieux qu’Histoire te soit douce
Qu’elle te fasse mémoire
Que l’archipel mieux que pays te fasse collier

Que ce qui se mélange
dans l’aquarelle et dans Shakespeare
dans les contes le théâtre et les livres
t’organise le trône d’écume
où tu viendras t’asseoir avec le mangot-vert des au-delà du jour.

Ô seul langage du sel à la paupière touchée
Ô rire dans l’amitié scellé
Que poésie ne tremble !
Que poésie ne passe !

Frère,
à beau dire à beau faire
nulle mort ne sait
quand ce qui reste 
se maille à tout ce qui célèbre qui accueille qui embrasse
et qui noue.

En nous, nulle mort ne peut.

Patrick CHAMOISEAU
17 03 2017