dimanche 19 février 2012

Hors des jours étrangers





mon peuple
quand
hors des jours étrangers
germeras-tu une tête tienne sur tes épaules renouées
et ta parole


le congé dépêché aux traîtres
aux maîtres
le pain restitué la terre lavée
la terre donnée


quand
quand donc cesseras-tu d'être le jouet sombre
au carnaval des autres
ou dans les champs d'autrui
l'épouvantail désuet


demain
à quand demain mon peuple
la déroute mercenaire
finie la fête


mais la rougeur de l'est au coeur de balisier


peuple de mauvais sommeil rompu
peuple d'abîmes remontés
peuple de cauchemars domptés
peuple nocturne amant des fureurs du tonnerre
demain plus haut plus doux plus large


et la houle torrentielle des terres
à la charrue salubre de l'orage


Aimé Césaire
Ferrements,

vendredi 13 janvier 2012

L'Artocarpe vous invite au vernissage de l'artiste Karim Blèus

Jeudi 19 Janvier 2012
à partir de 18h00

Suite au succès de l’expo à la nouvelle galerie T&T de Jarry du 22 decembre, Karim Blèus (Haiti) a decidé de presenter ses ouvres, avec la collaboration de l’artiste François Piquet.

Karim, en residance à l’Artocarpe jusq’au 28 janvier, travaille depuis sept ans l’art de la récupération avec des matériaux tels que le bois et le métal, dans un souci constant de montrer la transformation perpétuelle de la matière. Il ne veut s’enfermer dans aucun discours,aucune théorisation. Il aborde les thèmes librement et offre au regard un champ d’interprétation assez large à travers une transcription des gestes du quotidien : rigueur, amertume, joie, péripétie, par des matériaux rencontrés sur son chemin : cuillères,fourchettes, plaques de fer, fils métalliques.

Ne manquez pas, on vous attend!





jeudi 12 janvier 2012

Laché de mots

A pas feutrés rougeoyants
Dans le murmure du jour
Qui sifflote sa fin arrivant


Les clapotis nullement en reste
Bercent la mesure déclinante...


Emmanuelle Desché Bramban

La mesure



Dans les voies froides du bois Roi où les joies sans emploi cheminent sans entrave dans de grands chemins. Et le vent sous l’arbre charroie de belles odeurs, dont la rumeur de l’humeur soulève des rêves où sur la grève des mouettes adossées à l’océan réclament une trêve aux falaises. Assis sur la margelle du puits de l’oncle, je puise à la dénature de la terre le soufre de la vie, car le fou sur le trône à l’aune de sa tragédie, impatiente les grandes chaleurs de ce monde, à vouloir réduire la démesure des semblants du hasard à sa frénésie.

Tony Mardaye

Déclin, poésie d’Évariste Zephyrin

Déclin


Le fleuve dessine ses motifs
L’eau comme en miroitement
Reflète des lumières.


Un soleil sanguin au loin se couche
La nuit déjà s’approche.


Evariste Zéphyrin