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dimanche 21 mai 2023

LA CASE, UN POEME D’YVANDOC.

 


Édouard Coradin, dit Yvandoc, né en 1906 et mort en 1984, était un poète et homme de lettres, mais aussi une figure de l'histoire et du patrimoine saint-claudien. Pendant quatorze ans, il s'est dévoué, sans faiblir, à la vie associative et à la collectivité de Saint-Claude. Il a été le tout premier secrétaire de l’association artistique, littéraire et sportive Renaissance, créée le 4 juin 1944. Le Centre Culturel, situé rue Barolet, à Saint Claude, porte son nom.
Le poème qui suit a été publié dans la Revue Guadeloupéenne.
La case
Dans la lumière blonde
Que le ciel jette au monde
Comme un gage d’amour,
Mon île se prélasse
Avide et jamais lasse
Des caresses du jour.
Mon île est belle et fière
Elle a la grâce altière
Des fleurs du firmament ;
Mais un souci l’accable :
Sa fille misérable
Lui donne du tourment.
Souvent, près de la route
Où le gai cabri broute
L’acacia familier,
On la voit qui se dresse
Comme une âme en détresse
Au-dessus du hallier.
Sous son chapeau de paille
Son corps usé tressaille,
Quand le cyclone fort
Déboule au flanc du morne.
La case, au regard morne,
Implore en vain le sort.
Au pays du campêche
Dont la branche revêche
Accroche le passant,
Tout vit, tout chante, espère.
La case désespère ;
On l’insulte en passant.
En mars, la terre attise
Et la source agonise
Sous les galets chauffés ;
Dans la case indigente,
La soif, la fièvre ardente
Font des autodafés.
Tandis qu’aux champs la canne
Heureuse, se pavane
En de brillants atours ;
Auprès du sombre gîte
Que le malheur habite,
La faim rôde toujours.
Alors, sans pain, sans rêve,
Peinant, luttant sans trêve,
L’esprit tout affaibli,
La case offre son âme
A l’alcool – maître infâme –
Qui lui verse l’oubli.

lundi 16 septembre 2019

les grands vents (florette morand)



Sont venus les grands vents
Les grands vents de la mer
Les grands vents déchaînés
Évadés de l’enfer
Sont venus fous de rage
Écumants
Affamés
Ils sont venus bavant confettis de feuillage
Arrachés par leur meute aux forêts outragées
Ils sont venus grondant, hurlant
Et flagellant le front de ce pays,
Leurs feulements faisaient
Trembler d’effroi les cases
Qu’ils n’avaient pas saisies
Dans l’horreur de leurs crocs,
Sur eux le ciel crevé
Déversait ses écluses comme pour
Dissiper la fureur de leurs griffes.
Ils n’ont pas eu pitié !
Ils ont assassiné les arbres sur la route.
Ainsi que des gisants les troncs amoncelés
Ne laissaient pas passer l’espoir.
Sur leurs traces signaient bananiers abattus,
Champs détruits, canne à sucre
Morts sur le ventre de la terre.
Et des débris virevoltaient
Avec ce qui fut des toitures
Des demeures décapitées.
Sont venus les grands vents déchaînés de la mer.
Ils s’en allaient errant
Aux portes barricadées contre eux.
O ce jour fatal de septembre ! …
Tapi dans le noir nul n’a su
Ce que voulait encore reprendre
Le cyclone d’apocalypse.
Sont partis les grands vents déchaînés vers la mer
Ils sont partis en laissant leur effluve de fauves
Larmes, ruines et deuil…

Florette Morand est née en 1926 à Morne-à-l'Eau en Guadeloupe. C'est un poète de notoriété internationale. Elle fut lauréate de plusieurs Concours de poésie et récompensée à deux reprises par un prix de l'Académie Française en 1960 pour "Chanson dans ma Savane" et en 1967 pour "Feux de brousse".

lundi 4 avril 2011

La Cascade aux écrevisses

La Cascade aux écrevisses (Guadeloupe), je n'ai pu que regarder les gens se baigner, plonger, ils avaient l'air de passer un bon moment...

Pour Anicia

  Avec bien plus de courage qu’humainement possible  Bien plus d’entêtement de fougue et de foi Qu’humainement supportables  Avec bien plus ...