mercredi 6 janvier 2010

Présence africaine


Le Quai Branly organise une grande exposition autour de la revue Présence africaine :
"Présence africaine est la revue littéraire et culturelle fondée par l’intellectuel sénégalais Alioune Diop en 1947, devenue également une maison d’édition à partir de 1949. Elle a été un outil de diffusion qui a permis aux intellectuels et écrivains noirs de revendiquer leurs identités culturelles et historiques que le contexte colonial niait ou « exotisait ».
Cette exposition présente de nombreux ouvrages et documents d’archives, des photographies et quelques objets. Des enregistrements sonores et audiovisuels occupent également une place importante : documents d’époque et interviews spécialement réalisés pour cette exposition ponctuent le parcours." (sur le site du musée).
Parallèlement, paraît un n° spécial de Gradhiva : Présence africaine. Les conditions noires : une généalogie des discours.
Au sommaire :
Présence africaine. Une tribune, un mouvement, un réseau, Sarah Frioux-Salgas
L'abbé Grégoire et la place des Noirs dans l'histoire universelle, Bernard Gainot
Miroirs des littératures nègres : d'une anthologie l'autre, revues, Antony Mangeon
Présence africaine avant "Présence africaine" : la subjectivation politique noire en France dans l'entre-deux-guerres, Pap Ndiaye
Les littératures francophones d'Afrique noire à la conquête de l'édition française (1914-1974), Julien Hage
La maison Présence Africaine, Marc-Vincent Howlett, Romuald Fonkoua
"On ne peut nier longtemps l'art nègre". Enjeux du colloque et de l'exposition du Premier Festival mondial des arts nègres de Dakar en 1966, Eloi Ficquet, Lorraine Gallimardet
Témoignages
Entretien avec le poète, romancier et essayiste Daniel Maximin
Alioune Diop, l'un des pères de la civilité démocratique mondiale. Témoignage de l'écrivain haïtien René Depestre
Extraits d'Histoire d'autres de Georges Balandier
Documents et matériaux
"In the American Grain". Une introduction au débat Ellison-Hyman, Emmanuel Parent
Littérature noire américaine et tradition folklorique (1958), Stanley edgar Hyman
Donne le change et change la donne (1958), Ralph Ellison
Poème Héritage de Countee Cullen (1925)
Discours prononcé par Aimé Césaire sur l'art africain au Premier Festival mondial des arts nègres à Dakar en 1966

Moi,laminaire...







Oeuvre originale de ROLF SAMBALE de la collection "La Caraibe des Grands Hommes"
Acrylique sur toile 80 X 100cm. 2008.


Vous pouvez faire l'acquisition de cette oeuvre en contactant sambalerolf_at_yahoo.com
Tel. (509) 36 46 69 59 / 29 42 68 04


http://potomitan.info/maxette/sambale.php


www.tipiman.net/rolfsambale

Aime Cesaire sur l'identite antillaise

Aimé Césaire par Bernard Ascal : les cris de la négritude mis en musique


Né en 1943, Bernard Ascal est poète. Auteur, grand connaisseur de la poésie qu’il enseigne par ailleurs, peintre aussi, il est musicien et la poésie est une grande partie de sa vie. Mais il va être ici question de la musique qu’il a mise sur un texte. Et quel texte !

PAR PIERRE LE MASSON
plemasson@lavoixdunord.fr
Cahier d’un retour au pays natal, à la fois fresque, épopée, littérature engagée de celui que l’on ne présente plus, Aimé Césaire.
« J’ai découvert la poésie par la mise en chanson ». Fils d’ouvriers, il entendait sur le phono parental des 78 tours d’Yvette Guilbert, puis Juliette Gréco, Mouloudji, Montand, Ferré. « Des dictions parfaites, des engagements qui ont été à l’origine de mes goûts.
Je captais cette importance des rapports entre textes et émotions, entre verbe et musique. Quand parfois, pour le curé, je tirais les cordes du tocsin, je voulais que tout le village soit triste, que ce soit lugubre… Un instituteur communiste a renforcé mon sens de l’émotion ».
Passionné de littérature africaine, Bernard Ascal s’était déjà lancé dans l’adaptation d’un extrait de l’oeuvre de Césaire, à Rennes. Devant le succès qu’il n’escomptait pas, il se lance et écrit à Césaire pour lui demander l’autorisation de mettre l’entier du cahier en musique, persuadé que les droits étaient bloqués. Par retour de courrier, « Moi, l’inconnu du village », il reçoit l’autorisation.
« Pour m’y mettre, j’ai appris ces 1 400 vers par coeur, pour qu’ils deviennent naturels. » Césaire l’encourage, bien qu’il n’ait jamais rencontré Bernard Ascal : « Les contacts avec Césaire étaient mensuels et épistolaires, ou – car il était devenu sourd – , par l’intermédiaire de son fils ou de sa secrétaire. J’étais à l’affût de tout, c’était le bazar dans mon crâne… ».
Ascal décide de faire un oratorio, culture occidentale repoussée par le combat de la négritude de Césaire. « Il voulait bien… J’espérais lui amener mes deux ans de travail pour son 95e anniversaire. Lors du dernier contact avec lui, sa secrétaire m’a dit “M. Césaire vient de partir en urgence à l’hôpital, ça ne va pas du tout”. Dix jours plus tard, il était mort ».
Fallait-il, dès alors, faire paraître ces disques ? “J’ai eu de grands moments de doute et étais à deux doigts de laisser tomber. Des amis Martiniquais m’ont encouragé à respecter le calendrier fixé par Aimé Césaire, et son fils m’a dit de continuer. Lorsque les CD sont parus, l’académie Charle-Cros a mis un coup de baume au coeur sur ma douleur. Puis le premier article qui paraît dans un quotidien arabe, puis des français, Jeune Afrique, la radio, la télé. Brusquement le travail acquérait une autre dimension. J’ai touché des occidentaux, des orientaux, mais aussi des martiniquais ».
Parti seul pour cette oeuvre d’envergure qui magnifie la puissance incantatoire à laquelle même André Breton a rendu hommage, point de départ de la négritude, de la dénonciation du racisme, du colonialisme, ces vingt-cinq séquences chantées, dont neuf avec accompagnement musical, du premier au dernier mot sans changement, sont certes peu faciles, mais tel Ferrat avec Aragon, Bernard Ascal a ouvert la porte de Césaire. •

Chez EPM, distrib. Universal, 20 E

Meilleurs voeux pour l'année

J'ai toujours un espoir parce que je crois en l'Homme. C'est peut-être stupide. La voie de l'homme est d'accomplir l'humanité, de prendre conscience de soi-même.

PIERRE PAPAYA ET NOTRE AMITIE EN VIRTUALITE




mercredi 6 janvier 2010 par Maxette Olsson

Pierre, je veux juste te dire que je pense à toi . Je me rappelle toujours de ce que les gens m´ont fait ressentir. Nous ne nous connaissons pas Pierre mais nos esprits s´aiment. Où que tu sois, je t´embrasse.

Maxette

Réponse :

Chère Maxette,

Quel divine surprise de lire tes mots. Je ne t’oublie pas non plus et je lis chacune de tes publications avec délice. Je regarde régulièrement mon oiseau de verre et mon esprit vogue alors vers la Suède... où je sais que nos pays sont éminemment représentés. J’entends tes rires souvent !!!

Côté santé, j’ai pris un rythme de croisière. Ça va plutôt bien.

Portez-vous bien.

Je t’embrasse avec toute mon affection et une grande pensée amicale pour ton mari.

Pierre

Chers Lecteurs et Lectrices de Montray Kréyol !

Je reviens avec Malte mon mari d´une tournée en France où nous avons fêté Noël avec nos amis Martiniquais et Guadeloupéens et en Belgique où nous avons réveillonné avec nos amis Brésiliens. En rentrant à la maison, puisque nous ne touchons pas un ordinateur en voyage, je me suis précipitée pour allumer l´écran et j’ai constatée la réception d´un paquet de mails, presque 1. 000. J´ouvris d´emblée ceux de Raphaël Confiant et Charles-Henri de Montray qui m´apprenaient le décès de Pierre Papaya. Le décès de Pierre Papaya ? Décès ? I mò mé komansa ? Lire entre les lignes ravive mon intuition, mais parfois je déraille et ne veux pas savoir. J´étais tellement choquée et chagrinée que j´ai commenté l´étrangeté de la nouvelle à mon mari, pris une douche et suis allée me coucher en espérant que j´avais mal lu, que je m’étais trompée, qu´il y avait en fait deux Pierre Papaya.

Avant de continuer, il me plaît de rappeler les informations de L´UNESCO, notamment que Raphaël Confiant à la Martinique et Jean Sahaï en Guadeloupe sont les initiateurs du site Montray Kréyol, auquel collaborent Jean-Laurent Alcide, Jean Bernabe, Daniel Bookman, Charles-Henri et Pierre Papaya, ainsi que plus d’une centaine de rédacteurs. Montray Kréyol est une organisation de personnes désintéressées. “Son but est de diffuser et de partager les fruits de la recherche universitaire, tant dans les domaines linguistique, littéraire et ethnologique de l’aire créolophone, que de dénoncer les méfaits de la déculturation et du dépeuplement entrepris au travers de ce qu’Aimé Césaire désignait en son temps comme un "génocide par substitution", et dont la "kaldochisation" des esprits est une manifestation actuelle.”

Pierre a été le premier collaborateur de Montray Kréyol avec qui j´ai activement travaillé. De quoi vis-tu Maxette est la question qu´on me pose souvent. Ma réponse définitive : Je vis en grande partie de mon imagination, de mon instinct, de mon état de conscience complexe c´est-à-dire de mes émotions et énormément de ma vision, cette perception de se représenter en esprit. An ka fè sa an pé ! Ce pourquoi, il m´est important d´aimer ceux et celles avec lesquels je communique et aimer signifie pour moi reconnaître, considérer et révérer la Force Supérieure de l´autre, ce que je fais autant que possible... jusqu´à ce que l´autre me prouve le contraire. Et là, c´est humain, dit-on. Bon.

Tousa pou di que je ne savais rien du tout sur la santé de Pierre et même je ne l´avais jamais vu, pas même en portrait, mais notre correspondance professionnelle débordait de tendresse et de générosité. Son tact, sa gentillesse, sa patience et son attention me touchaient profondément. Ses articles révélaient en effet la sincérité de son engagement total pour la cause martiniquaise au sein du PKLS, une vertu que je considère de pure intelligence. Ah ! Oui, c´était un vrai, un authentique militant. Il brûlait pour les démunis et toutes injustices. Sa fougue se dressait dans ses textes : “ Ces inégalités, ce mal-développement, ce mépris pour nos peuples sont le résultat logique de la politique coloniale et capitaliste. Et c’est bien cette politique là qu’il nous faut liquider pour sortir de la nuit coloniale et que nous soyons enfin des Martiniquais, des Guadeloupéens… bref des hommes et des femmes libres dans des pays libres.”

“Et quoi qu’on puisse penser des mouvements sociaux c’est à dire, les grèves générales qui ont touchées la Guadeloupe et la Martinique pendant plus d’un mois, ces mouvements auront marqué de façon durable et positivement les peuples à travers monde et singulièrement les masses populaires de France.”

Même lorsqu´il fût remplacé par Charles-Henri, car selon ce qu’il m’avait dit, il devait partir en France, je n´ai cessé de le chercher et de le relancer de temps à autre pour avoir ses nouvelles. Sa gratitude et sa douceur à mon égard imprégnaient ses courtes réponses comme vous l´avez lu. Merci Pierre !

Je suis très triste. Triste pour sa famille et ses amis. Triste pour la Martinique et la Guadeloupe qui ont perdu un de leurs dévoués fervents. C´est un homme qui sûrement laisse sa place vide à jamais. Je n´oublierai jamais ce qu´il m´a fait ressentir.

Ceci écrit, en lisant et en relisant un grand maître de la créolité, je découvris en moi-même que je dérive dans l´essentialisme en ce qui concerne la créolité où pour moi sont inclus les créoles de toutes races. C´est vrai qu´appartenant à la diaspora créole depuis l´âge de seize ans, afin de survivre spirituellement j´ai choisi de sacraliser, d´universaliser, de diffuser la créolité, au risque de faire de trop. Si ce zèle embarrasse certains, je demande sincèrement pardon et dorénavant je tempérerai ma flamme autant que possible, mais certainement pas l´illumination que me procure l´état créole.

En attendant, je considère Raphaël Confiant et Dorwling-Carter comme les mentors qui m´enracinent, ces gens qui vous guident vers le meilleur de vous mêmes. En me disant que ce sont les méchants qui ont le plus besoin d´amour, Gérard Dorwling-Carter a changé le rythme de toutes les pensées négatives qui souvent me guettent. En me confiant qu´il aime son pays et ses habitants malgré TOUT, Raphaël Confiant m´a injecté la fusion de la résistance et de l´acceptation, cette concorde omnipotente qui éteint la peur, et fait briller toutes les facultés. Jean Sahaï est mon zendyen. Littéralement un dictionnaire de philosophie et d´infos. Un vrai savant. J´ai cette impression que nous sommes comme un couple qui ne se couche jamais faché car notre communication est surtout spirituelle. Namasté ! Francesca Palli est ma noble et super vigilante Signora. Notre “potomitante” créole dans toute sa magnanimité. La signora, mille grazie per la vostra attenzione e la vostra gentilezza !

Je profite pour remercier de tout mon cœur le Français Thierry Caille. Cet écrivain empreint d´une rare sensibilité qui après m´avoir lu, m´a personnellement écrit en utilisant à mon égard ces mots sacrés “Je vous aime”. Sa bèl ! J´ai été si attendrie de lire que le cartable de la petite créole Damida lui est aussi important que la pensée de Nietzsche ou l’analyse froide et tragique de la guerre en Palestine. Une grâce, justement parce que ce cartable tiré d´un récit biographique m´a été salutaire, de la même manière que son encouragement d´écrire un livre biographique continue d´alimenter ma passion de l´écriture, puisque c´est ce que je publie en puzzle. Merci Thierry ! http://www.montraykreyol.org/spip.php ?article1927

Merci Charliiiiiiiiiiie. Charlie est mon “yoleur” qui sait me conseiller avec tant de considération, de respect et d´humour. Charliiiiiiiiiiie !!!

“Woulo Bravo” pour Hector Poullet qui m´a rappelé que je suis plus lue en créole que je ne crois et m´a mis en contact avec quelques lecteurs créoles, entre autres la Française Monique Raikovic, l´écrivaine en créole de Mama Mondésir, avec qui je corresponds en créole siouplé. Mèsi anlo Èktò !

Merci à Ernest Pépin, mon ami poète de toujours présenté depuis nanni nannan par Cécile Jean-Louis Baghio’o, j´ai nommé Moune De Rivel notre inoubliable Grande Dame ! “Il y a dans nos îles tant de rosée à gouverner ! Il y a sur la terre tant de pays à irriguer ! Mais c’est en nous-mêmes qu’il faut inventer les points d’eau ! “

Ma gratitude à Judes Duranty, chanteur et auteur entre autres de “Zouki d´ici danse” et Marius Gottin l´écrivain de “Wopso” qui tous les deux dans un beau sourire m´ont tout simplement intégré dans leur famille. Mèsi anlo Jid pou tout´ti fwè a-w ! É grand merci à Marius Gottin d´accorder grand cas à mon avis.

Fernand Fortuné ! Comme Pierre, nous ne nous connaissons pas mé lè an konpwann ou pa la, sé lè ou la. Mèsi pou tout´ sé fwé-la !

Jala des Editions Lafontaine ! Merci pour ta coulée perdurable !

Grand merci à tous les rédacteurs, et vous les Lecteurs et Lectrices de Montray ! Je vous souhaite à tous une très Bonne Année. Et toi Pierre, tu restes à jamais dans mes bons souvenirs de Tendresse et d´Amour ! Je sens que toutes les fois que je t´écrirai “Où es-tu ? “ Tu me répondras que tu es là et que tu entends mes rires. Merci Pierre !

Maxette Olsson