samedi 25 avril 2009

Gabon: Un hommage rendu à « Césaire, le veilleur de consciences » au Centre culture français Saint-Exupéry de Libreville

« Césaire, le veilleur de consciences », livre-hommage et critique sur l’œuvre et la vie du père de la négritude, Aimé Césaire, décédé le 17 avril 2008, écrit sous la direction scientifique du sémioticien, Georice Berthin Madébé de l’Institut de recherche en Sciences humaines (IRSH) et du poéticien, Steeve Robert Renombo, chef du Département de Lettres Modernes de l’UOB a été présenté vendredi dernier au Centre culturel français Saint-Exupéry de Libreville (CCF).

Présentant l’ouvrage, Georice Berthin Madébé, l’un des éditeurs et auteur du livre a déclaré que « le présent ouvrage est un livre-hommage à Césaire. Il est composé de quatre parties. La première est dédiée aux récits de ceux qui, Gabonais ou Caribéens, l’ont « rencontré d’une manière ou d’une autre ».

« Ces témoignages entendent dire ce qu’a été Césaire, en guise de partage des différentes expériences humaines, poétiques, politiques et parfois philosophiques vécues ou inspirées par le Nègre inconsolé, » a-t-il indiqué.

« S’y trouvent non seulement le témoignage poétique de Bessora, écrivain, lauréate du 47ème Grand prix littéraire d’Afrique noire, mais aussi ceux plus narratifs de Maryse Vestris-Ivanga et Lucette Antioppe-Oyoubi, jeunes filles à Fort-de-France quand Césaire en devient maire, d’Alex Zéphyr, neveu du poète, de Robert Orango-Berre qui a rencontré Césaire alors qu’il était ambassadeur du Gabon en Angola et de Jean Ntchilé, enseignant à l’Ecole Normale Supérieure de Libreville, » a-t-il expliqué.

A leurs témoignages écrits est associé un témoignage iconographique (deuxième partie), dans lequel sont extensivement exposées les photos de l’hommage rendu à Césaire au Centre Culturel Français Saint Exupéry de Libreville, le 23 avril 2008.

D’autres photos du poète prises avec quelques contributeurs enrichissent également cet album éditorial. En outre, une ancienne photographie de Césaire en Martinique, du temps où trois amis et membres du Parti Progressiste Martiniquais étaient réunis, complète ce témoignage iconographique.

Pour le poéticien Steeve Robert Renombo, « la troisième partie du livre ouvre la seconde série de contributions. Elle se donne pour but d’interroger Césaire entre littérature et politique, ainsi que le précise son titre. Elle est constituée des contributions pluridisciplinaires de Sylvère Mbondobari germaniste-comparatiste, Pierre-Claver Mongui, spécialiste de littérature française, Ludovic Obiang, écrivain-poéticien et de Dieudonné Munzangala-Munziewu, philosophe, respectivement enseignants-chercheurs à l’Université Omar Bongo et chercheurs à l’IRSH ».

« La quatrième partie interroge la sémantique du poème césairien. A ce titre, elle a été intitulée : « L’absolu poétique », reprenant à son avantage un bout du titre de la contribution de Steeve Robert Renombo. La seconde contribution de ce groupement de textes est proposée par Georice Berthin Madébé », précise-t- il.

« Césaire, le veilleur de consciences » est une œuvre de 292 pages qui a été publiée en 2009 par la Presse Universitaire du Gabon de l’Université Omar Bongo (UOB) de Libreville. Son code ISBN est : 978-2-912603-20-3.

Ouvrant cette cérémonie de présentation officielle, Guy Lacroix, directeur du CCF et par ailleurs préfacier de l’ouvrage, a déclaré que « jamais mort d’homme n’aura réuni, dans un même élan de passion et de deuil universalisés, aussi bien les fils et filles d’anciens esclaves et d’anciens esclavagistes que ceux d’idéologues agitateurs et autres messies aventuriers autour du sentiment d’appartenance à une seule humanité : l’humanité césairienne. »

Le poète, père de la négritude et homme politique martiniquais s’est éteint le 17 avril 2008 à l’âge de 94 ans.

Au Centre Culturel Français Saint-Exupéry, une cérémonie empreinte de deuil, de recueillement et de reconnaissance profonde pour l’œuvre de celui qui vint au Gabon dans les années 1970, dans le cadre des préparatifs du second Festival des Arts Nègres de Lagos avait été organisée en mémoire de l’auteur de « Cahier d’un retour au pays natal ».

S’inscrivant dans la même verve critique « Les Ecritures gabonaises : Histoire, thèmes et langues », ouvrage critique réalisé sous la direction du sémioticien Pierre Ndemby Mamfoumby, en collaboration avec douze autres enseignants-chercheurs à l’Institut de recherche en sciences humaines (IRSH), de l’Université Omar Bongo (UOB) et du Groupe de recherche sur l’identité littéraire négro-africaine (GRILINA) a été présenté vendredi dernier au CCF.

jeudi 23 avril 2009

Suzanne l’aimée de Césaire


Dissidence. «Le Grand Camouflage», recueil d’essais poético-politiques de la femme de l’écrivain martiniquais.

Suzanne Césaire Le Grand Camouflage. Ecrits de dissidence (1941/1945) Seuil, 130 pp., 14 euros, à paraître le 7 mai.

Un jour d’avril 1941, dans la forêt d’Absalon, près de la montagne Pelée à la Martinique. Dans l’exubérance de la végétation tropicale, il fait chaud, humide, une femme avec un panier sur la tête croise un groupe de promeneurs. Il y a là Aimé Césaire et sa femme Suzanne, René Ménil, André Breton, sa femme Jacqueline Lamba et leur fille Aube, André Masson, Wifredo Lam et sa femme Helena. Quelques années plus tard, chacun d’entre eux réalisera que le cours de sa vie a été modifié ce jour-là.
Tout commence quand un bateau faisant route pour New York et transportant des dizaines d’exilés (dont Claude Lévi-Strauss, Anna Seghers, Wifredo Lam, André Breton…) fait escale en Martinique. Breton, qui cherche un ruban pour la petite Aube, entre dans une mercerie de Fort-de-France, il tombe sur la revue Tropiques et y lit des poèmes qui le bouleversent. Il demande à rencontrer son auteur, Aimé Césaire. La mercière, qui se trouve être la sœur du philosophe René Ménil, un des cofondateurs de la revue avec Aimé Césaire et sa femme Suzanne, met tout le monde en contact. C’est le début d’un réseau d’amitiés croisées et d’influences artistiques étonnamment fécondes.
«Le grand camouflage», l’essai qui donne son nom au livre rassemblé par l’écrivain Daniel Maximin, a été écrit par Suzanne Césaire en 1945, c’est un écho de cette journée, un texte poético-politique d’une grande énergie, à la fois lyrique et ancré dans la géographie et l’anthropologie de la Martinique. Daniel Maximin dit que c’est peut-être «le plus lumineux et le plus grand texte sur l’identité antillaise, avec Peau noire, masques blancs de Frantz Fanon».
«Homme-plante». «Le grand camouflage» est un des sept essais écrits par Suzanne Césaire, tous dans Tropiques, la revue littéraire la plus importante des Antilles, publiée entre 1941 et 1945. Ils se moquent du doudouisme littéraire, parlent de poésie, des racines africaines des Antilles, des paysages, de «l’homme-plante», une image qu’on retrouvera dans la poésie très naturaliste d’Aimé, mais aussi dans les tableaux de Masson et de Wifredo Lam, devenu l’ami intime du couple. Ils mettent les Antilles sur la carte de la modernité littéraire et politique.
En plus des textes de Suzanne Césaire, le Grand Camouflage contient des textes de Ménil, Masson, Breton, Aimé Césaire, tous liés à la forêt d’Absalon. (Autres retombées de cette journée, non visibles dans le livre : certaines des toiles de Masson et de Wifredo Lam, et sans doute aussi le divorce des Breton, après lequel Jacqueline deviendra peintre).
De fait, l’expérience a été très forte, presque violente. «Nous croyons pouvoir nous abandonner impunément à la forêt et voilà tout à coup que ses méandres nous obsèdent : sortirons-nous de ce vert labyrinthe, ne serions-nous pas aux Portes Paniques ?» écrivent Breton et Masson dans le Dialogue créole (publié en 1942 à Buenos Aires). «Cependant, les balisiers d’Absalon saignent sur les gouffres et la beauté du paysage tropical monte à la tête des poètes qui passent […]. Ici, les poètes sentent chavirer leur tête», répond Suzanne dans un texte de 1945. La tête des poètes chavire aussi à cause de Suzanne. Breton en tout cas l’a trouvée «belle comme la flamme du punch» et lui a dédié plusieurs textes.
En dehors de ces sept essais, Suzanne a écrit une pièce, Youma, aurore de la liberté, qui a été jouée à Fort-de-France au début des années 50, mais le texte a été perdu. Emile Capgras, ex-président du conseil régional de Martinique, a été un des jeunes acteurs de la pièce, mais il a perdu le texte depuis très longtemps.
Après cette pièce, plus rien, Suzanne n’a plus jamais écrit, et c’est une énigme. Comment une femme qui entre 25 et 30 ans a écrit des textes aussi forts a-t-elle pu s’arrêter définitivement ? Qu’est-ce qui fait qu’une femme s’arrête ? Il faut chercher dans ce qu’on sait de sa vie.
«Pieds gauches». Suzanne est née en 1915 dans une famille de la petite-bourgeoisie mulâtre, sa mère est institutrice. Après l’école communale à Rivière-Salée et le pensionnat de jeunes filles à Fort-de-France, elle part faire des études de lettres à Toulouse, puis à Paris. C’est là qu’elle rencontre un groupe d’amis, parmi lesquels l’écrivain guyanais Léon-Gontran Damas, la comédienne Jenny Alpha (qui s’extasie encore aujourd’hui sur l’intelligence de Suzanne), Gerty Archimède (la future députée communiste de Guadeloupe) et Léopold Sédar Senghor, qui lui présente Césaire.
Les photos de l’époque, comme celles qui seront prises plus tard, montrent une jeune fille à la beauté solaire, les cheveux nattés ou en chignon, les yeux brun clair, entre inquiétude et sérénité. Le groupe d’amis se retrouvait pour aller au théâtre ou aux concerts de Duke Ellington, pour danser aussi, même si Suzanne disait que, pour ça, Aimé avait «deux pieds gauches». Cela ne l’a pas empêchée de l’épouser. Pour leur mariage, à la mairie du XIVe en 1937, elle portait un tailleur rouge feu. Suzanne est là quand Aimé écrit en 1939, à 26 ans, son chef-d’œuvre, Cahier d’un retour au pays natal, c’est sans doute grâce à elle qu’il est allé au bout.
Chassés de Paris par la guerre, les Césaire repartent à Fort-de-France. Ils enseignent au lycée Schoelcher et font des enfants : le quatrième naît en 1942, il y en aura six en tout. Quand ils créent la revue Tropiques, qui sort malgré la censure vichyste, entre 1941 et 1943, ils ont bien le sentiment de participer à une internationale antifasciste. Dans une Martinique sous gouverneur désigné par Vichy, ils écrivent : «Il n’est plus temps de parasiter le monde […]. C’est de le sauver qu’il s’agit. Il est temps de se ceindre les reins comme un vaillant homme. Où que nous regardions, l’ombre gagne […]. Pourtant, nous sommes de ceux qui disent non à l’ombre.» Suzanne et Aimé sont dans le même élan politique et littéraire. Suzanne écrit. Ni ses enfants en bas âge ni son métier de professeur ne l'arrêtent.
Après la guerre, Césaire est élu maire de Fort-de-France, puis député de la Martinique, toute la famille part en métropole. Ils habitent rue de l’Odéon à Paris, puis au Petit-Clamart en banlieue, ils retournent deux ans à Fort-de-France et reviennent porte Brancion à Paris. Suzanne n’écrit plus. Mais elle a alors six enfants, qu’elle élève à moitié seule puisqu’Aimé est en Martinique une bonne partie du temps. Elle a aussi repris un poste de professeur, sa fille Ina se souvient - elle l’a écrit à Daniel Maximin, qui nous l’a rapporté - que ses élèves l’appelaient «la Panthère noire» et qu’elle corrigeait ses copies en fumant des Royal Navy dans la villa Week-End du Petit-Clamart. Ina se souvient aussi de ses robes et de son ensemble Tricosa, elle ne mettait de pantalon que pendant les vacances. Elle se souvient des «cheveux électriques qu’elle aimait déployer pour nous amuser», de ses «mains effilées de pianiste sans piano, / Laissant se consumer entre ses doigts fuselés / La fumée bleue de sa cigarette anglaise interdite».Elle se souvient d’une mère qui «chante faux et aime chanter, malgré les moqueries de ses enfants («Tous aux abris»)», et d’une «médiocre cuisinière avec une exception : la brioche du dimanche matin».
Bol de chocolat. Suzanne était aussi une militante féministe et politique «enthousiaste», qui inventait le soir pour les enfants des contes petit à petit remplacés par des récits réels. «J’avais 11 ans, et j’ai pleuré lors de l’exécution de Julius et Ethel Rosenberg», dit Ina. Le dimanche matin, Suzanne laissait les enfants seuls devant leur bol de chocolat pour aller vendre l’Huma au marché du Petit-Clamart.
L’écrivain haïtien René Depestre qui fréquentait la famille à l’époque se souvient que Suzanne était toujours très présente dans les débats. Ina décrit sa parole«à la fois aisée et fluide, parfois acerbe, souvent ironique». Elle n’écrivait plus, mais elle restait une partenaire, pas une muse, pour Aimé. Peu avant sa mort, il y a un an, le poète disait encore : «On respirait ensemble, avec la foi dans l’avenir.» Et cela même si Suzanne avait fini par le quitter en 1963 (à 48 ans), même si elle avait eu une histoire d’amour avec un autre homme, jusqu’à ce qu’une tumeur du cerveau l’emporte le 16 mai 1966. De cet homme, on ne sait rien, sauf qu’il est longtemps allé fleurir la tombe de Suzanne, en Martinique. Daniel Maximin affirme que c’est de Suzanne qu’Aimé parle dans un de ses derniers poèmes. «Je la vois qui bat des paupières / Histoire de m’avertir qu’elle comprend mes signaux / Qui sont d’ailleurs en détresse des chutes de soleil très ancien. / Les siens je crois bien être le seul à les capter encore.»
Ina se souvient aussi que sa mère lui disait : «Ta génération sera celle des femmes qui choisissent.» Est-ce que ça veut dire qu’elle-même aurait fait d’autres choix ?
Le 7 mai, au musée Dapper (75016) sera présenté le Grand camouflage. Le 10 mai, Journée Suzanne Césaire au parc de la Villette (75019).

NATALIE LEVISALLES

mercredi 22 avril 2009

« Le chant des mots » d'Aimé Césaire


Vendredi soir, le Parc Culturel Aimé Césaire accueillait un vibrant hommage à Aimé Césaire, chantre martiniquais de la Négritude. Le maire de la ville-capitale, Serge Letchimy, accompagné des membres de son conseil municipal, assistait, en présence d'une foule nombreuse, à ce moment fort autour des mots de la poésie du « Père de tous les Martiniquais » . Une grande fresque humaine, autour des éléments culturels de notre île et plus généralement de notre région, guidée par les mots forts de la littérature césairienne, enchaînait les tableaux en musiques, chants et danses. Au final, un véritable hymne à la portée universelle de l'oeuvre et de l'engagement d'Aimé Césaire. Un spectacle initié par les professeurs des ateliers du Sermac et réalisé par leurs élèves, sous la direction artistique de Lydie Bétis, directrice du Sermac. Ainsi résonnait la pensée du poète Nègre : « la culture est un combat, le combat pour la culture introduit et doit introduire au plus épais du combat de l'homme, je veux dire le combat contre tout ce qui opprime l'homme - le combat contre tout ce qui écrase l'homme, le combat contre tout ce qui humilie l'homme où qu'il se trouve » . Les manifestations d'hommage se poursuivent jusqu'au 23 avril.

HOMMAGE - Cent poèmes pour aimer lire Césaire




Il y a un an, le 17 avril 2008, le poète Aimé Césaire nous quittait. L'anthologie "Cent poèmes d'Aimé Césaire" nous entraîne à la découverte de son univers.

Bien sûr, on trouve la poésie de Césaire au format de poche, mais avec l'anthologie thématique proposée par le grand ami de Césaire, l'écrivain guadeloupéen Daniel Maximin, s'ouvre une véritable invitation au voyage, en mots et en images, dans l'imaginaire du poète, député de Martinique, disparu le 17 avril 2008. Il met à l'honneur le premier grand poème de Césaire paru dans la revue Volontés en 1939, Cahier d'un retour au pays natal, mais nous oriente surtout dans cet archipel à découvrir : sur la jeunesse du poète partagée entre l'île natale et la France des études, puis ce que le poète nomme ensuite les "armes miraculeuses", celles de l'écriture.. Au chapitre "Histoire", voici des vers comme de puissantes stèles aux grandes figures de l'histoire africaine et caribéenne, tels Louis Delgrès, libérateur de Guadeloupe, Patrice Lumumba au Congo... et, bien sûr, le roi Christophe en Haïti, figures qui inspireront aussi son théâtre. D'autres présences, intenses, surgissent de ces pages, Éluard, Damas, le peintre Wilfredo Lam ou encore Saint-John Perse...

Le livre est aussi une promenade dans ces paysages insulaires et volcaniques, où la flore explose. L'album qui forme une sorte de parcours biographique, s'arrête dans cette Afrique que Senghor lui fera découvrir comme mère. Et au chapitre sobrement intitulé "Elles", on ne manquera pas de s'attarder sur l'image de Suzanne Césaire, son épouse, mère de ses enfants et compagne des premiers combats de plume : au retour de leurs études à Paris, ils entrent tous deux en résistance en créant la revue Tropiques . Suzanne Césaire y écrit des articles que Daniel Maximin donnera à lire dans un petit volume à paraître le 7 mai : Le Grand Camouflage (Seuil).

Cent poèmes d'Aimé Césaire , éditions Omnibus, 31 euros.

dimanche 19 avril 2009

Souvenir Aimé Césaire


La Martinique se souvient du poète et dramature, homme politique Aimé Césaire, mort le 17 Avril 2008 à Fort-de-France. Son souvenir est célébré également en France avec la sortie d'un timbre postal à son effigie.

Aimé Césaire : Lui, l'âme inerte

Le poète martiniquais Aimé Céaire est né le 26 Juin 1913 à Basse-Pointe, côtoyant le monde rural. Elève brillant, il fait ses études au lycée Schoelcher (forteresse Bouillé) et part boursier à Paris au Lycée Louis-Le-Grand en hypokhâgne où il se lie d'amitié au milieu des années 30 avec d'autres étudiants Noirs (le Sérère Léopold Sedar Senghor et le Guyanais Léon Gontrand-Damas). En 1935, il intègre l'Ecole Normale Supérieure, rue d'Ulm, préparant une aggrégation de grammaire française.

Cette année en vacances chez les Dalmates en Croatie, invité par un ami, il aperçoit une île appelée Martinska et se souvient de son île natale et commence la rédaction de son célèbre Cahier d'un Retour au Pays Natal, recueil de poésie majeur de la Négritude, mouvement littéraire pacifiste, anti-raciste, des Noirs d'expression francophone. Aimé Césaire tel un Langston Hugues américain prophétise également la renaissance de son ghetto la Martinique.

De retour en Martinique après ses études supérieures, mariée à Suzanne Roussi, intellectuelle martiniquaise, il est professeur de littérature au Lycée Schoelcher sous le régime de Vichy. Dans la revue clandestine Tropiques, il collabore avec d'autres martiniquais refusant l'ombre de la théorie de la race supérieure, prophétisant également sa défaite grâce à la lutte des Africains Noirs qui rejoindront sans aucune justification apparente le combat des Anglais et des Américains pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il pose à cette époque également les bases de la nationalité martiniquaise.

A la fin de la guerre, c'est alors qu'Aimé Césaire est propulsé tête de liste des élections municipales à Fort-de-France avec son alter ego médecin Pierre Aliker, suite à un coup de génie du Parti Communiste Martiniquais (René Ménil, Thélus Léro...). La Martinique, ruinée par la guerre, sa capitale construite par les Bourbons et Colbert sur un marécage, une colonie aspirant à l'égalité avec la métropole, sont autant de défis qu'Aimé Césaire aura coeur de relever, lui qui est devenu député-maire de Fort-de-France. Aimé Césaire est le rapporteur de la loi d'assimilation de quatre colonies d'outre-mer (ou départementalisation selon son néologisme) en 1946. Il fait sécession du Parti Communiste Français et devant l'immobilisme des marxistes martiniquais crée le mouvement Progressiste Martiniquais. Aimé Césaire poursuit en parallèle son oeuvre poétique, surréaliste (Les Armes Miraculeuses, Moi Laminaire) et publie des pièces de Théatre (Une Saison au Congo, La Tragédie du Roi Christophe), des essais comme le Discours sur le Colonialisme, son analyse de la Révolution Française aux Antilles : Toussaint Louverture...

Aimé Césaire, véritable proue et protecteur des gauchistes révolutionnaires de la Martinique arrachera une à une les lois d'égalité sociale d'une métropole peu encline à leur extension dans les îles et territoires d'Amérique. Tel un Martin Luther Jr américain, il incarne la lutte âpre des citoyens Noirs pour les droits civiques dans les Antilles et la Guyane Françaises. Pour son choix de l'assimilation (adhésion à la Constitution du Général de Gaulle en 1958), pour le mot d'ordre d'autonomie (1979) suivi de son Discours sur le Moratoire de 1981, il sera vivement critiqué en 1981 par le nationaliste Guy Cabort-Masson (Lettre à Aimé Césaire) pour son renoncement apparent au droit d'auto-détermination et à tout changement juridique profond du statut de la Martinique.

Aimé Césaire, père et maire des rebelles de la Martinique, poète brillant du XXème siècle d'expression française, a fait l'objet de diverses commémorations et d'expositions avec la visite en Martinique de la cinéaste Euzhan Palcy (Rue Case-Nègres). Aimé Césaire sera à l'honneur également au prochain festival de Théatre de la Ville de Fort-de-France. Enfin, le poète martiniquais aura son portrait sur un timbre Aimé Césaire en vente en France dès mardi (l'avant-première a eu lieu à Fort-de-France sous l'égide d'une association philatéliste).

Hommage a Cesaire a ne pas rater le lun di 20 avril a 19h a la Maison des Metallos Paris 11è LIYANNAJ=FRATERNITE=NOUS

SI VOUS ETES SUR PARIS ET SA REGION NE RATEZ PAS CETTE BELLE SOIREE GRATUITE AVEC DEDE ST PRIX, ALAIN CASTAING, YVES UNTEL, LUC SAINT ELOY ,LAETITIA GEDON!!!!!!! RESERVEZ AU N° SUIVANT A 19 HEURESMAISON DES METALLOS 94 RUE JP TIMBAUD PARIS 11 EME METRO COURONNES RESA 01 47 00 25 20

LE THEATRE DE L'AIR NOUVEAU ET LA FRATERNELLE VOUS PROPOSENT UNE SOIREE LITTERAIRE ET ARTISTIQUE EN TOUTE CONVIVIALITE!

Dégustation et cuisine antillaise sur place avec l'association Amitié marie-galantaise

"NOUS SOMMES TOUS LES HERITIERS DE CESAIRE"
venez avec vos textes, votre pawol , vos voix...... en deuxième partie ce sera à vous d'occuper l'espace!

Soyons nombreux pour ces rares moments de partage....en poésie, en LIANNAJ ARTISTIQUE!

Haïti : l'IFGCar, un institut universitaire en hommage à Aimé Césaire -




L'Institut de la Francophonie pour la gestion dans la Caraïbe (IFGCar) vient d'inaugurer ses nouveaux locaux au Canapé-Vert à l'est de la capitale haïtienne.

Cet institut au standard international porte le nom de l'écrivain martiniquais Aimé Césaire. Il a pour principal objectif la formation de spécialistes de haut niveau en management des entreprises et des administrations privées et publiques et en gestion des collectivités territoriales.

L'inauguration de l'IFGCar s'est déroulée en présence du Premier ministre Michèle Pierre-Louis et de plusieurs autres personnalités officielles de divers secteurs dont celui de l'éducation.

Michèle Pierre-Louis affirme que l'établissement de cet institut témoigne de "la volonté manifestée depuis quelques années par les universités haïtiennes de monter des programmes de maîtrise qui sont le premier pas indispensable pour structurer la recherche et créer une masse critique d'enseignants-chercheurs".

Pour Michèle Pierre-Louis, l'inauguration de cet établissement d'enseignement supérieur "est une réponse à une préoccupation centrale du gouvernement haïtien".

Créé à l'initiative de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF) et du gouvernement de la République d'Haïti, l'IFGCar est soutenu par un consortium composé de l'Université d'État d'Haïti (UEH), l'Université Quisquéya d'Haïti (UNIQ) et l'Université des Antilles et de la Guyane (UAG).

L'IFGCar bénéficie aussi du soutien des opérateurs économiques dont la Chambre franco-haïtienne de Commerce et d'Industrie, la Chambre de Commerce et d'Industrie canado-haïtienne et la Chambre de Commerce et d'Industrie d'Haïti.

L'IFGCar a déjà assuré la formation d'une première promotion qui porte le nom de "Promotion Aimé Césaire ". L'amphithéâtre où la cérémonie d'inauguration s'est déroulée porte le nom de l'intellectuel et homme politique haïtien Anténor Firmin (1850-1911).

Michèle Pierre-Louis fait l'éloge de ces 2 hommes : "un martiniquais que toute la culture afro-américaine revendique comme sien et un Haïtien d'envergure, Anténor Firmin, revendiqué à juste titre comme le fondateur de l'anthropologie haïtienne."

Le recteur de l'AUF, Bernard Cerquiglini, estime également qu'il est nécessaire d'honorer la mémoire de Césaire et de Firmin, 2 grands hommes des Caraïbes qui ont marqué leur temps.

Après la première promotion sortie en septembre 2008, une deuxième promotion est déjà en formation. Bernard Cerquiglini a annoncé d'autres projets qui sont déjà en cours, dont la création d'un collège doctoral en Haïti, l'ouverture d'un campus numérique au Cap-Haïtien ainsi que la mise en place d'un centre de recherche.

AUF/CVN
(19/04/2009)

Pour Anicia

  Avec bien plus de courage qu’humainement possible  Bien plus d’entêtement de fougue et de foi Qu’humainement supportables  Avec bien plus ...