mercredi 25 avril 2012

Le monde de mes rêves


Je rêve d’un autre monde…

Un monde qui à ciel ouvert
Ne serait plus un enfer.

Un monde où le cri des innocents
Ne serait plus maculé de sang.

Un monde où la beauté des fleurs
Ne n’aurait point le reflet de l’horreur.

Un monde où nos différences
Ne nuiraient point à notre existence.

Un monde où nos larmes pour l’essentiel
N’auront que le goût du miel.

Un monde où lui, toi comme moi
Jouirons des mêmes droits.

Un monde où en harmonie avec dame nature
Nous bâtirons ensemble notre futur.

Un monde où nos joies et nos peines
Seront plus forts que la haine.

Un monde qui pas plus qu’à toi qu’à moi
Serait l’archive de nos émois.

Ce monde dont je rêve
Il n’existe pas que dans mes rêves
Mais aux premières heures d’Adam et Eve
Au temps du jardin d'Eden
Où l’on vivait à perdre haleine
Sans peine et sans haine.

Philippe PILOTIN

mardi 24 avril 2012

Vathaly Coualy interviewée par Jean S. Sahaï


NATHALY COUALY, la comédienne décalée aux yeux bleus à sang nèg, blan, zendien, va faire un tabac dans son pays de Guadeloupe, il ne faudra avoir ni chaud ni froid aux entournures, car son show est une entreprise culottée, de décalottage sans vergogne de la cervelle masculine - et de comédie bien antillo-antillaise créole!!! 

NATHALIE COUALYONE-WOMAN, DECULOTTÉ—SHOW : 

"je trouve que le sexe a remplacé le sens... On ne joue plus la séduction..."

1. Nathaly Coualy, vous êtes vraiment guadeloupéenne?     Avec ces yeux... bleu-ayayaaay ?    C'est sûr ! On ne peut jamais être certain de rien, avec tous ses secrets de famille, et ces non-dits si fréquents dans notre culture... (rires). En tout cas, on m'a toujours dit que mon arrière-grand-père était parisien aux yeux bleus, et mon arrière--grand-mère, Indienne de Pondichéry. Pour cette dernière, je l'ai connue, et elle était sublime! J'ai un souvenir de sa looooongue tresse, de ses yeux, ainsi que de son beau sourire. Sa voix résonne encore en mon cœur. Heu...mais... mes yeux sont verts, pas bleus ! Quoiqu'ils changent de couleur avec le temps, les couleurs, les humeurs au pays aussi....


2. Et voilà, une vraie Guadeloupéenne, qui pourrait le contester?     Vous êtes comédienne, vous avez joué avec des pointures comme Pascal Légitimus... Vous êtes de quelle école? 
Je suis comédienne, oui ! J'ai fait l'école Jack Waltzer à Paris, quelques ateliers... Sans avoir la prétention de dire que j'ai fait une école de théâtre, j'ai fait des stages intensifs avec un des fondateurs de l'Actor's Studio. 
J'ai surtout appris sur scène, en jouant au cinéma, en me produisant au théâtre... Et la vie m'apprend sans cesse le métier...


3. En tout cas vous avez un jeu captivant ! Et on rit beaucoup ! Mais, à entendre le titre de votre 'one-woman spectacle', cette fois vous êtes une culottée... qui se déculotte sur scène? 
Non, il ne faut pas exagérer. Je joue sur les mots, j'ose, j'ai juste du culot... Et je ne me déculotte jamais ! Surtout pas en public !


4. Ou bien un strip plus subtil, alors ? C'est plus intello ? 
Intello, un peu, si réfléchir, dire, penser, donner son avis est considéré comme être intello ! Il y a c'est vrai, une écriture, un vrai travail d'écriture. Et puis ce n'est pas seulement une succession de sketches, mais une histoire racontée, révélée, un moment... surprenant !


5. On a besoin d'une langue travaillée, et qui nous évade des sentiers rebattus... Dis-moi Nath, je te tutoie, tu veux franchir quelle barrière encore de la sexualité, n'a-t-on pas fait assez le tour du "biten" ? Quel est le message, stp.
C'est une blague? Je ne veux rien franchir comme barrière. 
Si l'on se parlait avec plus de respect, d'écoute surtout du "biten" comme tu dis, tu crois que les gens seraient dans un tel manque de satiété sexuelle? Que les femmes se laisseraient aller ainsi à tant de basse vulgarité? Attention, je ne vais pas à chaque fois dire que ce n'est pas une généralité... Mais beaucoup d'entre elles et eux se sont égarés... je trouve que le sexe a remplacé le sens. LES Sens. Le sens du toucher, le sens du désir, le sens du regard, le sens des humeurs, des senteurs, des parfums .... 


6. Alors que nous annonces-tu, pour cette saison, tes spectacles? Et en quelle tenue faut-il venir ? Hahaha !
Je compte bien rejouer à Paris très bientôt. Venez habillés légèrement, ké ka fè cho... Et prenez du papier et un crayon... = Surprise !

 Jean S. Sahaï

‎12 mai au Blue Kafé à St. François 20h 
18 Mai à L'Artchipel à Basse-Terre 20h 
20 Mai au Ciné-Théâtre du Lamentin 17h 
 Réservations, info : 06 90 47 05 45 MERCI !!!

samedi 21 avril 2012

La lune

J'aime la nuit et j'aime à regarder la brillance de la lune et la rayonnance de ses reflets sur la mer, elle m'évoque une femme, l'accompagnatrice des solitudes et des retenues qu'entraînent le soir et à mes yeux, c'est la divinité par son silence et sa magie qui désennuie le nocturne en attendant le tumulte du jour.

samedi 14 avril 2012

vendredi 13 avril 2012, jour de chance ou de malheur ?


Mon vend 13 a débuté sous les chapeaux de roues, sans le tambour battant de la sonnerie carillonnante de mon réveil...Une fois partie de la maison, forcément en retard, j 'attrape in extremis un bus qui étant lui aussi à la bourre arrive à ma destination en ligne directe sans faire de détours, ouf les dégâts ont été limités !
Plus tard dans la matinée contrairement à mes habitudes je décide tout de même de sacrifier au rituel de grattage du vendredi 13, chemin faisant je trouve par terre 1centime d'euros, cela me fait sourire car je me dis que c'était sans doute de bon augure pour le reste de la journée à venir. Avant de franchir la porte du temple du jour de la française des jeux, sur le pas de la porte c'est 1euro luisant qui est à même le sol, je le ramasse et me dit" tiens, tiens". Une fois à l'intérieur je mise mes deniers sur la fortune promise en ce jour spécial, mon euro tout neuf étant lui soigneusement rangé dans mon portefeuille.

Petite pause déjeuner et la c'est Le drame, pas moyen de mettre la main sur mon appareil photo, catastrophée je cherche, je cherche en vain... en plein désarroi je suis dans une désolation sans nom ! Quand sur un éclair de génie je finis par le retrouver, toute à mon soulagement je goûte toute la joie du bonheur des retrouvailles… avec mon appareil, auquel je fais un bisou, je vous assure fallait être là pour le voire !

Puis, vient le moment, en fin d'après-midi, où il me faut enquiller la seconde partie de ma journée et la comme le matin, c'est la course du retard complet, n'ayant pas su choisir quelle paire de chaussures me mettre. Je pique un sprint du diable, attrape au vol un bus qui passe sur le trajet, arrivée à la gare je saute dans un taxi pour être dans les temps à ma première escale du soir. Ouf me dis-je encore, je m’apprête à prendre la direction de ma soirée, quand sonne le portable ou ma nièce préférée au bout du fil me fait une demande que je ne peux me résoudre à lui refuser. Patatra retour à la case départ je dois retourner à ma maison. Je lui prends ce qu'il lui faut, ah là là dur les trucs de fifilles pour être jolie, et je repars toujours en speed, remet à la pitchounne l'objet de sa demande. Là je pas le choix, plus le choix je passe en mode Usain Bolt attrape le dernier bus en partance pour la charmante bourgade dans laquelle a lieu ma soirée, en m asseyant je trouve à coté de posé sur le siège ... 1€!... tout neuf lui aussi !

Arrivée au restaurant antillais La Soufrière Mélane je tombe dans une soirée latino de folie!!! Ambiance calienté à fond la caisse, la chanteuse NANCY MURILLO et ses salseros assurent une prestation feux, impossible de ne pas danser ...Pour immortaliser l’instant j'ai bien sûr... dégainé mon appareil, heureusement retrouvé. En fin de soirée la chanteuse et moi avons sympathisé et sommes désormais in touch.

Résultat des courses quant à savoir si le vendredi 13 est porteur de poisse ou de chance, le mien a été une alternance des deux, les joies de bonheur pur succédant aux moments accélérés de stress, je ne sais pas si la fortune m'a sourie mais une chose est sure pour ma part j'ai été enrichie symboliquement et humainement !...

Emmanuelle D. Bramban

mercredi 11 avril 2012

Adresse posthume à Edouard Glissant


(A l’occasion de la présentation de l’ Etude du roman La Lézarde
de Juliette Eloi-Blézès, in Lectures d’Outre-Mer, Edition CRDP Martinique)

Monsieur Glissant,
Un livre comme celui de Mme Eloi-Blézès m’a manqué, quand, adolescente, je tentais d’aborder votre œuvre avec pour seuls clefs ma curiosité et l’immense respect que je vous vouais déjà.

Pour le parcourir, j’ai accepté d’être aussi vierge que je pouvais l’être alors, guidée seulement par une trame et une étude qui, pour être rigoureuses, n’en laissent pas moins transparaître  l’enthousiasme et même l’amour de la « disciple » pour le Maître.

Le Maître, c’est ainsi que nous vous appelions. L’écho en un frémissement se déployait: « Le Maître est ici !», pour dire que vous étiez Opéyi. Alors, impatients et timides, nous nous préparions à vous rencontrer sur la plage du Diamant ou chez L’Oiseau de Cham. Là le tambour et le rhum roulaient, là c’était la fête à ce que L’Oiseau de Cham et vous appeliez  des « non-plats », ces recettes du vitement-pressé et de la sobriété obligée, celles du pêcheur qui lâche dans l’eau bouillante et parfumée d’épices le fruit de sa pêche - et ainsi naissait le blaff ; celles du ti-nain-morue ou de la salaison sauce-chien.

Et la parole aussi roulait. Et les blagues à deux sous…
A l’ombre de votre grande et presque fragile silhouette, j’étais silence…

Il y avait également les soirées « Espace Créole », du nom du concept et du petit restaurant des Terres Sainville qui les accueillait. Ce rendez-vous de l’expression libérée, en paroles ou en musique était un concept conçu là aussi par Oiseau de Cham et vous. Votre voix hésitante dans la nuit –si bon de vous avoir là, si près, à portée de regards et de mots mais sans jamais oser « vous déranger »- les rires, les audaces créatives, les acras brûlants, tout cela participait de cet espace créole vivace et partagé !

Et puis je garde encore comme un don précieux les deux notes de lecture noircies de votre écriture altière et penchée que vous m’aviez remises à propos des manuscrits de mon roman C’est vole que je vole et d’une sélection de poèmes… Vous y disiez que mon souffle  particulier procédait du halètement. J’ai retravaillé mes textes en tenant compte de toutes vos remarques, je me suis confrontée avec ardeur à mes propres mots, à mes lézardes intérieures parce que grandir à vos yeux et grandir tout simplement l’exigeait. Et je cultive l’espoir qu’un jour, Monsieur Glissant, ce souffle mien, ce cri de l’urgence de dire, de me dire, de nous dire, saura avec la maturité se faire chant polyphonique… Car ne disiez-vous pas que « Le poète choisitélit, dans la masse du monde, ce qu'il lui faut préserverchantersauver, et qui s'accorde à son chant. (…)Et le rythme est force rituelle, levier de conscience. » ?

Et puis la vie, le temps, les chemins… Je n’ai plus été de ces rencontres émouvantes et gaies, informelles toujours. Tant d’années… A se dire qu’on aura le temps, qu’on aura l’occasion, d’autres opportunités, qu’on a toute la vie ; à vous croire, comme Aimé Césaire, immortel, même vous sachant malade. Oui pour moi, même travaillé par le ressac, vous étiez roc inébranlable. Mais la vie, le temps, la mort…

Je n’ai pas assisté aux cérémonies qui ont présidé à vos funérailles car, sauvage, je n’aime guère à me trouver là où il faut être. Dans ces endroits-là, je me dandine maladroitement, je me tiens à l’écart, un chien dans une yole… Comme je l’ai fait pour Aimé Césaire, je viendrai sur votre tombe, un jour, oui, je viendrai vous parler à travers la pierre…

Vous dire merci d’avoir fait chanter nos paysages, nos rivières et nos bois dans toute leur clarté, dans leur violence aussi. Merci, à chacune des lectures et relectures de vos œuvres, de nous emmener, en traversant nos méandres, nos incertitudes, et nos grandeurs, de nous emmener loin, en nous-mêmes et jusqu’à l’Autre… Oui, merci de n’avoir eu de cesse de nous alerter sur les dangers du repliement sur soi, de la crispation névrotique sur une identité figée.

Merci de nous apprendre à appréhender et à aimer le chaos comme source et non comme perdition.
Merci de nous offrir, contre toutes les scléroses, la richesse mouvante de l’ambigu, de la vulnérabilité consentie. De nous convier à prendre le risque de mettre à jour nos vulnérabilités pour oser nous mêler à l’Autre et j’ai envie de dire de l’Autre.
Merci de n’avoir eu de cesse de nous enseigner « l’envers éclairant de l’Histoire».

Et ce peuple que vous avez voulu dire dans La Lézarde -entre opacité et trouées de lumière,- aura à se demander, par vous, avec vous : « Comment être soi sans se fermer à l’autre et comment consentir à l’autre, à tous les autres sans renoncer à soi ? (...) Comment défendre sa communauté dans la réalité d’un chaos-monde qui ne consent plus à l’universel généralisant ? » (in Introduction à une poétique du divers).

Car même si je n’adhère pas à toutes vos propositions, je continuerai de m’incliner devant la puissance de votre pensée en action, l’audace avec laquelle vous n’avez cessé de nous secouer et de secouer, d’interroger, de déranger la totalité du Monde, la constance de votre engagement à nous empêcher de nous endormir sur nos blessures, nos pitoyables avoirs, nos piètres velléités d’être…

Pour terminer, je voudrais dire merci à Juliette Eloi-Blézès d’offrir, non seulement à la communauté éducative mais également à tous les Martiniquais et à toute personne intéressée à mieux connaître votre œuvre, cette étude comme autant de codes d’accès jusqu’à votre écriture et votre si féconde pensée. Lui dire merci de nous aider à comprendre que chez vous, opacité n’est point hermétisme, inaccessibilité mais bien la seule façon de dire la confusion, la brutalité et la richesse de notre histoire et de notre réel.

J’émets ici le vœu que ce travail exigeant de Juliette Eloi-Blézès donne le goût à d’autres chercheurs, à d’autres enseignants de procurer à notre jeunesse un certain nombre de pistes pour aller à la rencontre d’une œuvre monumentale, cet héritage flamboyant que vous avez laissé entre nos mains incrédules…


                                                           Nicole Cage,
                                                          Fort-de-France, le 03 février 2012

jeudi 5 avril 2012

Tribune: Alain Mabanckou écrit-il pour les blancs?


Qui imagine un Mongo Béti ou un Wole Soyinka, qui ont pourtant passé des décennies de leur vie dans leur «ancienne métropole», consacrer un livre de 180 pages à batailler avec le Français ou l’Anglais «de souche» pour le convaincre de sa stricte appartenance à la même patrie que lui ?

Dès qu’un Franco-Africain écrit dans le style «je suis intéressé personnellement au destin français», il est sûr de faire un tabac dans l’Hexagone. Mais ce succès est très précaire. Il suffit d’aller le demander à Koffi Yamgnane, ou même déjà à Rama Yade! Pourtant que ne sont-ils prêts à fournir comme effort pour se faire accepter! Alain Mabanckou dit comment sa «conception de l’identité dépasse de très loin les notions de territoire et de sang.»
Déplorable reniement de soi

Que veut donner à penser Alain Mabanckou à la jeunesse de son pays d’origine, le Congo-Brazzaville, lorsqu’il écrit ceci dans son livre, pour dire comment il devrait bien être considéré comme un Français:

«je m’exprime et enseigne en français, pour les Américains je suis donc naturellement un Français»?

Le traumatisme de la défaite de l’Afrique est-il à ce point profond que même un auteur de la trempe d’un Alain Mabanckou, éprouve le besoin de jeter ses origines pour se réclamer de la patrie du général De Gaulle? Décidément, on dirait qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez ces auteurs d’Afrique francophone consacrés en France. Combien ça leur rapporte de se ridiculiser avec une telle délectation?

Qui leur passe cette commande? On ne voit pas si souvent le Libanais en Côte-d’Ivoire, le Grec au Cameroun ou le Français au Gabon expliquer, au bout de cinq générations de présence de sa famille dans ces pays, comment il est devenu Ivoirien, Camerounais ou Gabonais. Lorsqu’ils sont devenus citoyens de ces pays, ils assument une certaine discrétion à cet égard. Cette pudeur-là a du sens!http://www.slateafrique.com/85007/la-fatigue-d%E2%80%99alain-mabanckou

mardi 3 avril 2012

MONTAUBAN

Aux victimes des tueries de Toulouse et Montauban



Chère Céline,


il y a quelque chose de putride
au pays des merveilles,
les rafales se succèdent,
et la chère tante saigne douloureusement
du sang de ses enfants,
l’absurde a pris le dessus
sur la raison cartésienne
abasourdie par tant d'aversion


le moment venu des thèmes porteurs
de gauche à droite
on s’interroge sur la nécessité
de mettre un brake
à un certain discours
qui enflamme les esprits simples
à qui on fait croire que l’enfer c’est les autres


clichés et amalgames
sont des explosifs dormants
placés dans tous les recoins de la grande maison
où le meurtre d’innocents devient une banalité.


la question dépasse
elle se pose
en douloureuses épines
elle renvoie à la peste émotionnelle
qui ravage l'autre re-coin
aux injustices historiques
qui gonflent les rangs des fanatiques.-


Thélyson Orélien
Montréal, 30 Mars 2012