mercredi 3 avril 2013

Frankétienne ; Entre musique et silence


Entre musique et silence
la nuit s’efface lentement
sous une quincaillerie d’étoiles.
Attends patiemment le mûrissement de tes rêves
au bourgeonnement de l’aube.
Quant à l’œuvre inédite
elle surgira de l’œuf
au tournant de midi
dans la cuisson du songe
aux mâchoires du soleil.
Ô mon amour perdu
retrouvé reperdu
en saison de terreur
les astres énigmatiques
buissonnent
tourbillonnent
et carillonnent dans ton ventre
au glas des gonds brisés.

Frankétienne

GOUTTELETTES


Tuerie d’architecture débraillée
hurlant cacophonie mortelle
en rage d’oragerie
brûlant les oreillers du duel
brisant le lit du viol
en jaillissement d’orgie sanglante
l’éclat des lampes femelles
au vertige des paupières.
Ecoute-moi petite fille
sache flairer dans la nuit
le clavier meurtrier
des passions déraillées
et les ruelles jonchées
de phallus détraqués.
Les prédateurs sur pied de guerre
sont aux aguets
sous le filet
ses lunes amère

Frankétienne

mardi 2 avril 2013

Une voix, un poème pour la Syrie



Damascènes


À Homs
Les Damascènes
Écrivent sous leurs ailes,

À Homs
Les Damascènes
Fuient le pain
Au cœur des enfants,

À Homs
Les anges du Roi
Sur la place publique
Brisent leurs ailes.

Anick Roschi 

mercredi 20 mars 2013

Femme couchée (inspiré par l'oeuvre d'Edouard Titus "poème de nuit")


L'accord somnole sur le sable
Nonchalant de femme couchée
Le morne sur cette inlassable
Rampe un lent vol de volupté
Le corps est lourd et son ancrage
N'est qu'un long diadème de nuits 
Un poème sourde sur le visage
Aux nuages des jours enfuis

Jocelyne Mouriesse

mardi 19 mars 2013

La lumière s’est enfuie


La lumière s’est enfuie
avec les hirondelles

Maintenant elles reviennent
mais de lumière point

Le temps bientôt viendra
où les bêtes rampantes

sortiront des talus
et des chemins ardents

Dans le silence gourd
ourler de fausses certitudes

la mort en majesté
entrouvre la portière

©José Le Moigne
Plourarc’h
18 mars 2013

vendredi 8 mars 2013

Ces mots LA FEMME ET LA FLAMME / AIME CESAIRE (1913-2008)



En mémoire de ma mère trop tôt disparue
Pour ma fille
Pour ma Femme
Pour les femmes de mon Pays et toutes les femmes du monde.

Un morceau de lumière qui descend la pente d’un regard
l’ombre jumelle du cil et de l’arc-en-ciel sur le visage
et alentour
qui va là angélique 
et amble
Femme le temps qu’il fait
le temps qu’il fait peu m’importe
ma vie est toujours en avance d’un ouragan
tu es le matin qui fond sur le fanal une pierre de nuit 
entre les dents
tu es le passage aussi d’oiseaux marins
toi qui es le vent à travers les ipoméas salés de la connaissance
d’un autre monde s’insinuant
Femme 
tu es un dragon dont la belle couleur s’éparpille et s’assombrit
jusqu’à former l’inévitable teneur des choses
j’ai coutume des feux de brousse
j’ai coutume des rats de brousse de la cendre et des ibis mordorés
de la flamme
Femme liant de misaine beau revenant
casque d’algues d’eucalyptus 

l’aube n’est-ce pas
et au facile des lisse
nageur très savoureux

Aimé Césaire

mardi 5 mars 2013

A Hugo Chavez...


Un jacobin est tombé,
défenseur des droits,
protecteur de la foi
et l'amour de la liberté...

Un simple homme
qui a su dire non
dont le seul nom
fait trembler Rome...

Il est tombé en héro.
Le héro jamais ne meurt,
dans l'histoire il demeure
attaché à son drapeau...

Vaillant haut les cieux
veillant sur sa patrie
du sacrifice de sa vie,
digne de ses aïeux...


Guy Cayemite

Pour Anicia

  Avec bien plus de courage qu’humainement possible  Bien plus d’entêtement de fougue et de foi Qu’humainement supportables  Avec bien plus ...