dimanche 29 novembre 2009

Présence africaine au musée du quai Branly




Le musée du quai Branly accueille jusqu'au 31 janvier 2010 une exposition thématique autour de la revue littéraire Présence africaine.


Depuis le 10 novembre, le musée des arts et civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques dévoile une série d'ouvrages, de photographies et d'enregistrements audiovisuels sur l'émancipation culturelle africaine. Suivant un parcours chronologique, à partir des années 20, l'exposition retrace l'émergence de diverses tribunes pour la pensée et les revendications du monde noir, dont la revue Présence africaine.

L'intellectuel sénégalais, Alioune Diop, l'a créée en 1947, dans le but , selon ses termes, "d'ouvrir à la collaboration de tous les hommes de bonne volonté (Blancs, Jaunes ou Noirs), susceptibles d'aider à définir l'originalité africaine et de hâter son insertion dans le monde moderne". De nombreux artistes y ont participé, tels Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Richard Wright, Léopold Sédar Senghor ou André Gide.

Présence africaine reprend l'initative du sénégalais Lamine Senghor de donner la parole aux Noirs, dès les années 20, dans le périodique La voix des nègres. Les écrivains martiniquais Aimé Césaire et Paulette Nardal perpétuent, à partir de 1937, cette ambition culturelle panafricaine en publiant La Revue du Monde Noir, Légitime Défense ou encore Tropiques.

Une saison au Congo de Césaire: Lumumba, tragédie actuelle



Une saison au Congo du Martiniquais Aimé Césaire a été présentée, avec succès, samedi à Tunis, par les comédiens du Théâtre national Daniel Sorano. C'est dans le cadre des Journées théâtrales de Carthage qui se tiennent du 11 au 22 novembre 2009.

(Envoyée spéciale à Tunis) - La troupe dramatique de Sorano a présenté samedi aux Journées théâtrales de Carthage la pièce d'Aimé Césaire, Une Saison au Congo, d'après une adaptation de Seyba Traoré. Dès l'entame, une voix-off campe le décor. On est en 1960. Le Congo (Zaïre) vient d'obtenir son indépendance sur décision du roi des Belges, cédant aux exigences des leaders politiques du pays, tel Patrice Lumumba. L'euphorie des indépendances est perceptible dans tout le Congo. On trinque à la liberté.

Le morceau ‘Indépendance Cha Cha’ du musicien congolais Joseph Kabasele sert à la fois de fond sonore à la pièce et de slogan pour le peuple. La mise en scène de Seyba Traoré est essentiellement centrée sur le personnage de Patrice Lumumba. Récemment nommé Premier ministre, il tente d'apaiser les ardeurs irrédentistes. ‘Oublions nos rivalités et nos ambitions particulières et dominons nos querelles tribales’, lance-t-il à ses compatriotes. Le leader congolais veut ‘un Congo libre et unis’. Son pays est miné par des dissensions internes. Des velléités séparatistes le guettent, à l’image du Katanga, région riche en ressources naturelles. Les richesses minières et énergétiques du Congo sont pillées sans vergogne par les puissances étrangères, symbolisées sur scène par des hommes masqués, habillés en costumes et rodant la nuit, munis de torches. Cette atmosphère préfigure le chaos dans lequel le pays va bientôt basculer. Le colonel Mobutu se proclame Premier ministre, en direct sur les ondes. Lumumba apprend la nouvelle en même temps que le peuple, resté, lui, en marge des événements.

La pièce passe ensuite directement à l’intervention des Casques bleus. La demande d’aide de Lumumba au Ghanéen Nkrumah reste sans suite. Le leader congolais sera ensuite arrêté. A-t-il été exécuté ? Par qui ? La pièce ne donne pas de précisions sur la fin de l'homme politique congolais. Mais sur les planches le personnage de Patrice Lumumba reste debout, la chemise tachée de sang. Le fantôme du leader congolais semble toujours hanter ce pays ruiné par les guerres civiles. Presque cinquante ans après son indépendance, la situation du Congo n'a pas beaucoup changé. Les vautours et les démons de la violence rodent encore. C'est pourquoi le texte du poète martiniquais, Aimé Césaire, écrit en 1967, garde toute sa force et son actualité.

Patrice Lumumba (1925-1961) est interprété par le comédien sénégalais Ibrahima Mbaye qui a su faire ressortir toute la dimension tragique de la pièce. Dans l'ensemble, les comédiens de Sorano ont tiré leur épingle du jeu. Si l'on sait que durant toute la représentation (1 heure 45), il leur a fallu un effort supplémentaire de concentration pour ne pas être perturbés par les nombreuses entrées et les sorties des spectateurs passant parfois au milieu de la scène ! Le cadre, le Théâtre Etoile du nord de Tunis, était visiblement inadapté à la représentation de la pièce.La salle a cependant apprécié le romantisme révolutionnaire d'Une Saison au Congo, pièce jouée en français. Bien que majoritairement arabe, le public a été touché par le jeu juste des comédiens sénégalais. Les Tunisois connaissent d'ailleurs bien le héros congolais, dont une rue de la ville porte son nom.

Fatou K. SENE

mardi 10 novembre 2009

« Paroles et silences d'Aimé Césaire »

Ce vendredi 6 novembre, à 19 heures 30, le centre culturel du bourg du Lamentin accueille « Paroles et silences d'Aimé Césaire » , sur une mise en scène de José Alpha. La gare Saint Lazare est le lieu de cette histoire. Celle d'un balayeur nègre « Pongo » venu de la Martinique en 1932 et qui raconte aux passants sa rencontre avec les autres : les Français de l'Hexagone, les Antillais, les Guyanais, les Africains, les Réunionnais et bien d'autres...

Conçue à partir des oeuvres politiques et poétiques d'Aimé Césaire, « Discours sur le colonialisme » , « Et les chiens se taisaient » , « La Tragédie du roi Christophe » , « Ferrements » , cette pièce propose une véritable alchimie du verbe césairien avec comme « liant » des extraits de textes de René Ménil, André Lucrèce, Khalil Gibran et Amadou Hampathé Bâ.
Du pur bonheur...

Sur scène on retrouve Jean Claude Duverger et les danseurs du groupe hip-hop Ékymose, les musiciens Christian Charles-Denis (percussions), Lucien Joly (saxophone).

Jean Claude Duverger dans le rôle du nègre Pongo débordant d'énergie communique avec le public pendant plus de quatre-vingt minutes.

Au final : un moment exquis, du pur bonheur. Pour André Lucrèce qui a soutenu le metteur en scène dans sa recherche : « cette pièce se présente comme une véritable fresque relatant le combat des Martiniquais pour l'affirmation de leur identité. Le rôle d'Aimé Césaire dans ce combat ayant été évidemment déterminant » .
Un spectacle à découvrir...

- Tarifs : 12 euros pour les plus de 15 ans ; 8 euros pour les moins de 15 ans.

- Tickets en vente :
Centre Culturel du Bourg : 0596.51.15.33.
Centre Culturel de Basse-Gondeau : 0596.50.82.71.
Centre Culturel de Petit Bambou : 0596.57.02.18.

Cent poèmes de Aimé Césaire. Edition établie par Daniel Maximin


Cent poèmes de Aimé Césaire. Edition établie par Daniel Maximin. Edition Omnibus, 2009, 216 pages :

Le poète par lui-même et par... Daniel Maximin

Le poète guadeloupéen Daniel Maximin coordonne, depuis les années 1980, l’édition de la poésie de Aimé Césaire. Il vient de publier une anthologie de cent poèmes essentiels, configurée thématiquement et illustrée par des photographies qui rappellent le parcours et les affinités électives du poète défunt. Un album à feuilleter, à lire et à préserver dans nos musées personnels.

On connaît la fidélité de Daniel Maximin à Aimé Césaire. La fidélité admirative d’un poète à son aîné. Celle d’un fils spirituel aussi. Enfin, Maximin est sans doute l’Antillais qui connaît le mieux l’œuvre littéraire et profondément militante du grand poète martiniquais et universel, disparu en 2008, à l’âge canonique de 95 ans. Césaire, qui connaissait l’érudition et le talent de son jeune compère et compatriote, qu’il avait eu l’occasion de voir à l’œuvre dans des salons et des colloques consacrés à ses écrits, lui avait demandé dès les années 1980 de coordonner sa poésie. Depuis, Daniel Maximin poursuit inlassablement son travail de mise en lumière de la parole poétique césairienne qu’il qualifie de «parole essentielle». Et d’expliquer : «Et pour cet homme de paroles, maître de l’oralité autant que de l’écriture, c’est en définitive surtout la poésie qui constitue sa «parole essentielle», réunissant les héritages culturels de trois continents, et qui en fait à coup sûr un des grands poètes de ce siècle, dont l’exemple et la lecture donnent à nous tous, ses lecteurs de par le monde, «la force de regarder demain».»
Cent poèmes de Aimé Césaire qui est paru cette année s’inscrit dans le vaste travail que Maximin a entrepris pour mieux faire connaître la parole poétique césairienne, en l’éclairant sous des angles différents. L’angle choisi pour l’ouvrage en question est thématique : «Un album où se conjuguent les thèmes majeurs de Aimé Césaire : la Caraïbe natale, la décolonisation des peuples et des esprits, la modernité poétique, l’engagement politique, l’amour, la liberté, qui ont fait de lui l’un des plus importants poètes du XXe siècle», peut-on lire sur la fiche de présentation de l’éditeur. Intitulées «Ouvertures», «Poétique», «Histoire», «Iles», «Géographie cordiale», «Afriques», «Elles», «Présences», «Portrait Parcours», les neuf séquences thématiques qui ordonnent le livre se veulent les étapes d’un parcours de construction identitaire et spirituel. Un parcours semé de découvertes exceptionnelles sur le monde et soi-même, dont la poésie césairienne, présentée dans l’ordre chronologique, restitue l’atmosphère quasi-mystique, comme dans ce chapitre consacré à l’Afrique : «Et subitement l’Afrique parla/ce fut pour nous an neuf/l’Afrique selon l’us/de chacun nous balaya le seuil d’une torche enflammée/reliant la nuit traquée/et toutes les nuits mutilées/de l’armée marée des nègres inconsolés/au plein ciel violet piqué de feux.»

Enfin, ce qui fait l’originalité de ce volume, ce sont les illustrations : photographies puisées dans l’album personnel du poète et reproductions de tableaux de Wilfredo Lam, l’artiste frère. Chaque séquence s’ouvre sur un tableau de Lam au titre évocateur et surréel («Femme aux oiseaux», «Le chant des osmoses», «Marcheuse des îles», «Lumières de la forêt»...). A travers leurs couleurs lumineuses, leurs formes souvent géométriques et la configuration suggestive de leurs éléments constitutifs, ces tableaux entrent en résonance avec l’univers poétique césairien, établissant un réseau de sens qui va du poète à l’artiste, de l’écrit aux traces et coloris. Mais peut-être plus que les tableaux de Lam, ce sont les illustrations de paysages caribéens -qui ont été, on le sait, des sources d’inspiration importantes pour Césaire- qui révèlent combien cette poésie est réellement universelle, puisant son matériau non seulement dans les parcours hu-mains, mais aussi dans le végétal, le volcanique et le géologique. Elle relie la parole aux parois résistantes de la matière qui la renvoie à son tour en échos à travers les éléments, commandant «aux îles d’exister».

Tirthankar CHANDA ((Mfi)

Le couronnement d'un ardent combat


Emprisonné à Bourg-Egalité (Bourg-la-Reine), Nicolas de Condorcet est retrouvé mort dans sa cellule, de causes encore obscures, le 29 mars 1794. Près de deux mois auparavant, le 4 février, la Convention avait aboli l'esclavage dans les colonies françaises, en un grand élan d'enthousiasme. Un vacarme grandiloquent qui rattrapait plus de quatre ans d'un assourdissant mutisme : la Déclaration de 1789, qui assurait que "les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits", avait tout bonnement oublié ces Noirs enchaînés dans les îles, réduits légalement à l'état de "biens meubles" par le Code noir, édicté en 1685.

Pourchassé par la Terreur, cloîtré chez sa protectrice, Mme Vernet, Condorcet voit cette loi couronner un de ses plus ardents combats. En 1781, ses Réflexions sur l'esclavage des Nègres, écrites sous le pseudonyme de Joachim Schwartz, avaient été le premier ouvrage d'un philosophe des Lumières entièrement consacré à cette avanie du temps. L'abbé Raynal, dans l'Histoire des deux Indes, Rousseau, dans le Contrat social, Voltaire, dans Candide, ainsi que d'autres esprits s'étaient émus, mais émus seulement, du sort des Africains mis en servitude. Condorcet, lui, instruit un implacable procès, avance l'illégitimité de cette pratique, et réfute les arguments économiques des défenseurs.

Il rejoint, en 1788, la Société des amis des Noirs, qui ne milite, dans un premier temps, que pour l'abolition de la traite. Un concours de circonstances, comme la Révolution sut en précipiter, aboutit à une abolition au débotté, en 1794. De fait, elle ne sera réellement appliquée qu'en Guadeloupe, avant que Napoléon ne rétablisse l'esclavage, en 1802. Cette première abolition restera largement la "farce grandiose" moquée par Aimé Césaire. Prudent, Condorcet se donnait soixante-dix ans pour en finir avec la servitude des Noirs. La véritable abolition interviendra finalement en 1848. Soixante-sept ans après la sortie de son livre.

Benoît Hopquin

mercredi 28 octobre 2009

Césaire à l'affiche


Le Studio littéraire lance sa 7e saison lundi avec pour première escale Cabaret Césaire. Imaginé par Rodney Saint-Éloi, ce spectacle est conçu autour du Cahier d'un retour au pays natal, pour rendre hommage à Aimé Césaire, mort en avril 2008 à Fort-de-France. Ce cabaret met en vedette Franz Benjamin, Mireille Métellus, Pascale Montreuil et Michel Vézina, à la 5e Salle de la Place des Arts.

Marguerite Yourcenar

Le 23 novembre, Françoise Faucher lira, au Studio-Théâtre, quelques pages d'Alexis ou le Traité du vain combat, premier roman de Marguerite Yourcenar. La comédienne a rencontré l'auteure, première femme élue à l'Académie française, lors d'un entretien diffusé à l'émission Femme d'aujourd'hui en 1975.

Victor Klemperer

Stéphane Lépine se lancera dans l'aventure de la lecture publique en puisant dans les pages du Journal de Victor Klemperer. Ce livre est un témoignage sur la montée du national-socialisme et la persécution des Juifs dans la ville de Dresde, complètement détruite par les Alliés en février 1945. Depuis 2000, le codirecteur artistique du Studio littéraire multiplie les séjours à Dresde. C'est donc un regard « intéressé » qu'il jettera sur ce journal de résistance sous le nazisme, au Studio-Théâtre, le 30 novembre.

Flannery O'Connor

Pour le dernier rendez-vous de l'automne 2009, l'auteur et comédien Robert Lalonde lira des extraits de Flannery O'Connor, à la Cinquième Salle, lundi 7 décembre. Le Québécois a parlé de cette écrivaine du Sud des États-Unis dans Le Monde sur le flanc de la truite et Le Vacarmeur. Les textes choisis sont tirés de deux recueils de nouvelles, d'essais et de lettres réunis sous le titre L'Habitude d'être.

Le PPM et la stratégie de l'égo.


Au moment où la Martinique se trouve dans un marasme économique et sociétal, confrontée à plus de 37'000 chômeurs, plus de 20 % de pauvres, un recours sans cesse accru d’une frange de la population à la banque alimentaire, une pauvreté tendant à se généraliser auprès des couches moyennes, une paupérisation de l’ensemble de la société, hormis bien sûr les possédants, nous croyons que nous étions en droit d’attendre autre chose de la motion de synthèse «POUR UNE CONSTITUTIONNALISATION DE L’AUTONOMIE», émanant de la convention du Parti Progressiste Martiniquais s’étant déroulée à Rivière salée, le 12 septembre 2009.

Le PPM se devait d’apporter un début de réponse à la crise qui nous frappe, une ébauche de solution aux problèmes que rencontre nos compatriotes ou même prendre part aux débats sur l’évolution statutaire de façon sincère et franche et non de manière serpentale ou serpenteuse.

Il ne nous apparaît pas que le PPM joue le rôle qui lui est imparti, ces louvoiements ne sont pas dignes du parti de feu Aimé Césaire, il ne s’agit de sa prise de position à travers la synthèse, si tentée que ce soit la sienne, mais de la manière dont elle est présentée.

Nous nous sommes questionnés quant à savoir l’opportunité de ce texte allant en porte à faux avec les éloges que nous avons pu lire ou les glapissements des louangeurs entendus.

Ce texte est un brouillamini indigeste se donnant une apparence savantasse en utilisant un jargon ou un charabia juridico-administratif, incompréhensible pour le commun, et quant on connaît la base électorale du PPM on se demande s’il ne se moque pas du monde.

Est-ce si difficile d’écrire un texte qui soit à la portée du plus grand nombre ? Comme cela n’a pas été fait nous nous proposons de le déchiffrer, démonter les mécanismes et artifices sémantiques de la motion de synthèse, car ce texte à nos yeux mérite d’être explicité:



CONVENTION DUPPM 12 SEPTEMBRE 2009 : MOTION DE SYNTHÈSE 
«POUR UNE CONSTITUTIONNALISATION DEL’AUTONOMIE»

PRÉAMBULE

L’évolution institutionnelle voulue par les élus du Congrès et votée à la majorité les 18 décembre 2008 et 18 juin 2009 contient deux objectifs liés à une même ambition:

la création d’une collectivité unique;

le changement de régime politique vers l’article 74 de l’actuelle constitution française.

Nous, Parti historique de l’émancipation martiniquaise réuni en convention, le 12 septembre 2009 à Rivière Salée,

Le PPM utilise un argument d’autorité, il fait prévaloir une légitimité de l’histoire, celle d’une antériorité historique. Mais le simple fait d’être le plus ancien ne fonde pas une légitimité, ni la justesse des propos.

Considérant que la Constitution Française ne reconnaît pas l’existence de la personnalité collective Martiniquaise et nie la notion de Peuple;

C’est une technique qui n’a pas de matérialité. Imaginez que vous reprochez à votre enfant pas encore né, d’être un garçon. Si l’un de vos proches avait cette attitude probable que vous vous poserez des questions sur sa santé mentale.

La constitution française ne reconnaît qu’un peuple, le peuple français puisque c’est la constitution française.

Toutefois, supposons que la constitution française veuille reconnaître le peuple martiniquais, il eut été souhaitable au préalable de définir la notion de peuple martiniquais, ce qui jusqu’à maintenant n’a pas été fait.

Qu’est-ce qui fonde le peuple martiniquais, le droit du sol (jus solis) ou le droit du sang (jus sanguinis) ou est-ce une combinaison des deux.

Il ne peut y avoir de peuple que s’il y a filiation, symbolique ou étatique.

Considérant la nécessité de respecter la personnalité collective du Peuple Martiniquais ;

Comment respecter ce qui n’a aucune réalité légale, pas de réalité sociologique, ni même historique car indéfinie ?

Considérant que pour opérer un changement de statut et de régime politique, le peuple doit être parfaitement informé avant le vote, ce qui ne peut être le cas aujourd’hui;

Il appartient aux partis politiques en premier lieu, tels le PPM et autres, d’informer les populations de leurs projets, si ce n’est pas fait, on peut leur imputer directement la responsabilité.

Considérant la nécessité d’une Autonomie garantissant les règles démocratiques d’une nouvelle gouvernance;

Cette phrase est un non-sens. L’autonomie infère subséquemment de nouvelles règles de gouvernance, car on change de modèle sociétal.

Considérant que le danger serait d’accéder à une autonomie sans pouvoir, une autonomie de dépendance;

Deux prépositions antinomiques. La définition de l’autonomie est justement d’acquérir une indépendance, mais il est probable que l’autonomie politique ne débouche pas sur une autonomie économique, si c’est le cas, c’est que le projet politique a été mal défini et nous pouvons parler d’autonomie carencée.

Considérant la nécessité du maintien du principe de l’égalité des droits et des acquis sociaux gagnés de haute lutte par le Peuple Martiniquais;

Lesquels, sont-ils indépendants des acquis sociaux gagnés par l’ensemble des Français, entre autres les acquis de 1936 ?

Considérant l’impérieuse nécessité de privilégier une Autonomie qui permet de conjuguer l’égalité des droits avec droit à l’initiative et à la différence; laquelle autonomie que tout changement de statut dans la précipitation ne ferait que compromettre;

L’autonomie n’est pas l’indépendance, nos droits sont garantis par la constitution de 58, la spécialité législative générée par le changement de statut n‘implique pas une remise à zéro des acquis sociaux, mais l’ajoutance de compétences dévolues à l’assemblée unique.

Considérant, par rapport à l’urgence de la situation actuelle, que la consultation prévue par la Constitution doit se tenir dans les meilleurs délais, permettant ainsi d’éviter une incertitude, trop longue, préjudiciable à la relance économique et à la paix sociale;

C’est le passage à l’article 74 qui sera susceptible de garantir la paix sociale et la relance économique, nous eûmes aimé connaître les déterminants de cette relance?

Ce qui aujourd’hui menace la paix sociale, c’est le chômage endémique, l’accroissement de la misère tendant à se généraliser, la paupérisation, et le fait que des dizaines de milliers de personnes aient recours à la banque alimentaire pour se sustenter, la violence et le fort sentiment d’être dans une colonie avec des droits différenciés, donc une inégalité des droits de fait.

Considérant que tout report de cette consultation à la demande des tenants du 74, n’aura, en outre, pour conséquence que de bafouer tous les principes démocratiques alors que rien ne justifie le report de la consultation du Peuple Martiniquais et encore moins le report des élections régionales;

Encore faudrait-il qu’une date ait été retenue pour la consultation du peuple toujours indéfini.

Nous réaffirmons la position prise par les élus du Parti Progressiste Martiniquais, lors des débats du congrès des élus : 
Nous proposons :

De faire bloc dans un consensus qui s’inscrit dans le temps, dans le cadre d’une démarche globale et d’un accord entre le Peuple Martiniquais et le Peuple Français.Un processus qui serait compatible avec les réalités politiques du moment.

Le peuple martiniquais ne serait pas le peuple français ? L’autonomie n’est pas censée nous faire étranger à la France.

Ce processus comporterait deux étapes:

- Une consultation immédiate du peuple visant à la mise en place d’une collectivité unique disposant de compétences élargies au titre d’une expérimentation par habilitation pour six ans, à partir d’un mode de scrutin intégrant la représentation territoriale.

A première vue, un processus difficile à mettre en œuvre, il faudrait une modification de la constitution, opération relativement lourde. Enclencher un tel processus, revient à ouvrir la boite à Pandore, chaque département, chaque région voudra son assemblée à la carte, ce qui sera ingérable.

Ceci est un leurre politique ou un moyen de renvoyer à Mathusalem des questions à régler.

– Une seconde consultation, au bout de cette période de six ans, destinée au changement de statut, sur la base des propositions concrètes que notre expérimentation nous aura permis d’élaborer.

Le changement de statut s’opérera après l’établissement de l’assemblée unique, dans le cas où l’assemblée unique serait repoussée comme ce fut le cas en … le changement de statut ne s’imposera car lié à la proposition

Cette période de six ans sera une période d’expérimentation, d’apprentissage et d’auto-institution des responsabilités nécessaires à une gouvernance globale, transversale et cohérente.

Quelles sont les modalités de cette expérimentation ?
Quel est le protocole défini ?
La grille permettant la lecture de cette expérimentation ?

Pendant cette période, notre réflexion active, éclairée par l’action, permettra une négociation responsable avec l’Etat Français, en vue du changement de statut, ce qui constituera une méthode imparable pour éviter tous les dangers et toutes les incohérences d’une aventure mal préparée.

Qu’est-ce une réflexion active ? Que l’on ne me réponde pas une réflexion qui débouche sur une action.

L’autonomie fusse-elle négociée ou imposée, n’évitera pas le risque ou les incohérences.

Ce qui doit préluder à l’autonomie est un plan de développement économique, susceptible de créer des emplois et faire reculer la misère. Si cette condition n’est pas respectée la population n’échangera pas la proie pour l’ombre.

Cette période permettra également la mise en cohérence des politiques publiques, la fusion des deux collectivités locales, l’organisation des outils de gouvernance locale, la détermination des moyens de cette gouvernance.

Ainsi, c’est en pleine connaissance de cause que le peuple se prononcera et comme le dit Aimé CESAIRE: «le droit de s’autodéterminer et de s’autogouverner dans un cadre constitutionnel démocratiquement débattu et librement accepté.»

Il faut laisser feu Aimé Césaire en dehors de tous ces salmigondis politiques.

Pourquoi ne pas dire tout simplement que le PPM n’est pas favorable à l’article 74 ?

Et qu’il sera favorable à l’autonomie que dans 14 ou 15 ans, une fois que les présidents de département et de région ne seront plus ?

Sous couvert de l’intérêt d’un pseudo peuple martiniquais, ce texte a été pesé à l’aune de l’ambition d’un homme ou juste pour nous endormir.

La Martinique n’est pas censée être le terrain de jeu des ambitions de pouvoir d’untel ou d’une telle, il me semble qu’il est temps d’abandonner la mentalité du «sauve qui peut», afin qu’ensemble nous trouvions les voies d’un développement concerté, respectueux des hommes et de notre environnement.

Que la population choisisse le 74 ou se satisfasse du 73, ce n’est pas le plus important, ce qui importe c’est que la Martinique ne devienne pas un champ de ruine, un pays violent ou la misère prédomine et que tout un chacun n’aie qu’un rêve, c’est de la quitter, ma foi ce qui se passe avec une certaine intensité dans quelques pays caribéens voisins.

Voilà notre vrai défi, et la question à se poser: est-ce que le vivre ensemble sera-t-il possible dans cinq ans en Martinique ?
Tony Mardaye

Pour Anicia

  Avec bien plus de courage qu’humainement possible  Bien plus d’entêtement de fougue et de foi Qu’humainement supportables  Avec bien plus ...