mardi 1 avril 2014

Un cri...


Un cri pendu se brise
un rire perdu se casse
à gorge de lampe éteinte. 
Il faudra bien inventer
d’autres voix incandescentes
à recycler nos oreilles
à mieux capter
le feu des chemins neufs
l’opulence du silence.

Frankietienne

lundi 10 mars 2014

En ressouvenance


Un parfum déjà respiré sur son corps, une musique croisée dans la foule, un lieu déjà parcouru et voici mes souvenirs qui me ramènent à une femme. Soudainement, j'entends ses rires cristallins qui transcendent le temps, éclipsent le passé et bousculent mon présent, puis c'est au tour de son sourire de résonner devant mes yeux, de grossir jusqu'à exploser en émotions fougueuses. Me voici en réajustement de rémanences, de réécriture d'occasions cannibalisées par ce temps qui crée la vie et la mort, mais pour l'heure, en me ressouvenant d'elle, je balle mes rêves, mon âme danse.

Evariste Zephyrin

lundi 3 mars 2014

Carnaval des deux rives : la polémique monte sur le web


Le Carnaval des deux rives se déroule chaque année à Bordeaux le premier dimanche de mars. Placé sous le thème de la Chine, il a « coloré la ville ce samedi après-midi », comme le soulignent nos confrères du Sud-Ouest.

Mais depuis hier soir de nombreuses photos circulent sur le net, dont certaines sont à la une du fameux site Fdesouche, un des blogs d’actualité les plus lus en France. En cause, plusieurs clichés qui semblent donner raison à la « théorie du grand remplacement », chère à Renaud Camus.


Cet écrivain met, depuis plusieurs années en garde, contre « le choc le plus grave qu’ait connu notre patrie depuis le début de son histoire puisque, si le changement de peuple et de civilisation, déjà tellement avancé, est mené jusqu’à son terme, l’histoire qui continuera ne sera plus la sienne, ni la nôtre », ciblant notamment le « remplacement » des français de souche par d’autres peuples, principalement venus du Maghreb et d’Afrique.

En réalité, il s’agirait d’un grand nombre d’antillais venus de toute la France, pour un carnaval très populaire dans cette communauté.

mercredi 12 février 2014

Pas de lune


Ce ne sont pas les lunes
Qui manquent
Et pourtant
Elles n'ont pas le même chancelant
Dévorant champ d'ébène

Ce ne sont pas les lunes
Qui manquent
Cependant
Ce son d'elles
Frémissant dans les faux-semblants

Rempart hagard
Juvénile né nu phare

O voile ambivalent
Des lunes adolescentes

Jocelyne Mouriesse
2 février 2014,

jeudi 6 février 2014

Tu manques à la tendresse



Refrain
Comandante Comandante 
Inconsolable est la tendresse
Inconsolable l’espérance
La terre sans toi est orpheline
Comandante Comandante 
Ta voix ton chant percent la nuit 
Marti Bolivar Louverture
Vivent encore à travers toi
Comandante Comandante 
Tu as donné corps à leurs rêves
Avec l’amour de ton peuple 
Avec l’amour pour seule arme
Comandante Comandante 

Ils disaient le rêve impossible
Ils disaient le renoncement
Ils disaient les peuples soumis
L’implacable loi du pétrole
L’horizon clos du capital

Et le peuple n’avait qu’à se taire
L’abrutissement comme compagnon
Livres et musées terres interdites
Alphabet obscurs hiéroglyphes 
Violence désordre uniques recours

Mais tous les rêves de Marti
La folle folie de Bolivar
L’audace terrible de Louverture
Et le chant triste de ton peuple
Grondaient en toi hantaient tes nuits

Présents qui luttent aubes qui chantent
Bonheur d’apprendre et de grandir
Soif de construire un jour nouveau
Un peuple un rêve désir ardent
Flamme vive Nuestra América

Nicole Cage, mars 2013

mercredi 8 janvier 2014

Chemin du court exil

Photographie : Christine Le Moigne-Simonis

1
Présent dans l’au-delà des souches
ton nom  
mais
n’est-ce-pas ton ombre
déchire l’opacité
d’un passé lagunaire

2

La roue grince
le bief se trouvant
étréci par l’orage
quelques herbes cardées
trahissent la mousson

3

Un arbre
sur la montagne
pour une nouvelle gravitation
sphères

4

La mousse vue d’en haut
dessine le tracée
de  forteresses graves

5

Qui t’a fait ruine
dit-il
l’arbre a besoin de l’eau
pour saillir la parole

6

Libre sur la cloture
si rare en son image

le vent


©José Le Moigne
Portuaires
Chambelland / Le Pont de l’Epée
1985

vendredi 3 janvier 2014

Croquis en forme de bestiaire


 
In Jacques Basse "Portraits dédicacés" Editions Raphaëlle de Surtis



Insecte encore nourri
des dures racines de l'hiver

abeille au torse roux
aux pattes frémissantes

brumeuse comme
un port anglais

2

La main parfois s’étire
comme un vieux chat persan

mais moi
oiseau marcheur des hautes latitudes

les poissons qu’on me jette
ne me concilient pas

3

Au plus dur de la nuit
dans la fumée des douves

parfois quand maladroit
il heurte la muraille

il pense au roman vrai
d’une fausse trahison

4

Ô mon cheval
mon beau cheval

passant passé
presqu’en allé

la nuit le bruit
me désennuie


©José Le Moigne
Portuaires
Chambelland / Le Pont de l’Epée
1985

Pour Anicia

  Avec bien plus de courage qu’humainement possible  Bien plus d’entêtement de fougue et de foi Qu’humainement supportables  Avec bien plus ...