Vers 18 h, regardant par la fenêtre, je vis un ciel blanc, il était en tout point semblable à un ciel annonçant de la neige. Mettant le nez dehors, bourrasques et froidure m'accueillirent, ainsi qu'une neige extrêmement fine qui réfrigéra mon visage.
Ce temps glacial n'est pas vraiment de saison, je crois qu'en ce jour, nous eûmes les avant-goûts de l'hiver.
Cette année octobre est trompeur, il ne se ressemble pas, l'hiver est en resquille.
Blog dédie au poète Aimé Césaire notamment à son oeuvre, sa poésie et collectant les articles qui ont été publiés sur ce grand homme martiniquais
vendredi 26 octobre 2012
dimanche 21 octobre 2012
Le jour
De la pierre qui s’endort,
A l’odeur du pain qui monte du four,
De la grenouille qui chante dans le noir,
Et la nuit s'assoupit.
De l'aube qui s'offre à la rosée matineuse
Du merle qui chante dès le point du jour
Avant même, que ne bruissent les rumeurs des pas
Dès lors que le matin s’élève.
La vie déploie son soleil au zénith
La lumière explose dans le ciel
Midi croule sous la chaleur
Les ombres dansent dans les rues.
Les heures s'affolent, le ciel rougitLes ombres dansent dans les rues.
Il est temps que l'aurore s'invite au jour,
Quand le soleil s'en va chuter dans la merLa foule se presse, les gens se rapprochent.
Encore demain en rupture.
Evariste Zephyrin
jeudi 11 octobre 2012
L'automne
Le temps est laid, il pleut, il pleuvine, il bruine, il crachine, il pleuvote. J'ai le sentiment que le ciel a décidé de dégoutter son amertume, du coup il enlaidit le temps et attriste la saison.
Pour l'heure l'automne n'a pas de couleur, il est juste triste.
Evariste Zephyrin
samedi 29 septembre 2012
"Les damnés de la terre"
Allons, camarades, il vaut mieux décider dès maintenant de changer de bord. La grande nuit dans laquelle nous fûmes plongés, il nous faut la secouer et en sortir. Le jour nouveau qui déjà se lève doit nous trouver fermes, avisés et résolus.
Il nous faut quitter nos rêves, abandonner nos vieilles croyances et nos amitiés d'avant la vie. Ne perdons pas de temps en stériles litanies ou en mimétismes nauséabonds. Quittons cette Europe qui n'en finit pas de parler de l'homme tout en le massacrant partout où elle le rencontre, à tous les coins de ses propres rues, à tous les coins du monde.
Voici des siècles que l'Europe a stoppé la progression des autres hommes et les a asservis à ses desseins et à sa gloire; des siècles qu'au nom d'une prétendue « aventure spirituelle » elle étouffe la quasi totalité de l'humanité. Regardez-la aujourd'hui basculer entre la désintégration atomique et la désintégration spirituelle.
Et pourtant, chez elle, sur le plan des réalisations on peut dire qu'elle a tout réussi.
L'Europe a pris la direction du monde avec ardeur, cynisme et violence. Et voyez combien l'ombre de ses monuments s'étend et se multiplie. Chaque mouvement de l'Europe a fait craquer les limites de l'espace et celles de la pensée. l'Europe s'est refusée à toute humilité, à toute modestie, mais aussi à toute sollicitude, à toute tendresse.
Elle ne s'est montrée parcimonieuse qu'avec l'homme, mesquine, carnassière homicide qu'avec l'homme.
Alors, frères, comment ne pas comprendre que nous avons mieux à faire que de suivre cette Europe-là.
Cette Europe qui jamais ne cessa de parler de l'homme, jamais de proclamer qu'elle n'était inquiète que de l'homme, nous savons aujourd'hui de quelles souffrances l'humanité a payé chacune des victoires de son esprit.
Allons, camarades, le jeu européen est définitivement terminé, il faut trouver autre chose. Nous pouvons tout faire aujourd'hui à condition de ne pas singer l'Europe, à condition de ne pas être obsédés par le désir de rattraper l'Europe.
L'Europe a acquis une telle vitesse, folle et désordonnée, qu'elle échappe aujourd'hui à tout conducteur, à toute raison et qu'elle va dans un vertige effroyable vers des abîmes dont il vaut mieux le plus rapidement s'éloigner.
Il est bien vrai cependant qu'il nous faut un modèle, des schèmes, des exemples. Pour beaucoup d'entre nous, le modèle européen est le plus exaltant. Or, on a vu dans les pages précédentes à quelles déconvenues nous conduisait cette imitation. Les réalisations européennes, la technique européenne, le style européen, doivent cesser de nous tenter et de nous déséquilibrer.
Quand je cherche l'homme dans la technique et dans le style européens, je vois une succession de négations de l'homme, une avalanche de meurtres.
La condition humaine, les projets de l'homme, la collaboration entre les hommes pour des tâches qui augmentent la totalité de l'homme sont des problèmes neufs qui exigent de véritables inventions.
Décidons de ne pas imiter l'Europe et bandons nos muscles et nos cerveaux dans une direction nouvelle. Tâchons d'inventer l'homme total que l'Europe a été incapable de faire triompher.
Il y a deux siècles, une ancienne colonie européenne s'est mise en tête de rattraper l'Europe. Elle y a tellement réussi que les Etats-Unis d'Amérique sont devenus un monstre où les tares, les maladies et l'inhumanité de l'Europe ont atteint des dimensions épouvantables.
Camarades, n'avons-nous pas autre chose à faire que de créer une troisième Europe ? L'Occident a voulu être une aventure de l'Esprit. C'est au nom de l'Esprit, de l'esprit européen s'entend, que l'Europe a justifié ses crimes et légitimé l'esclavage dans lequelle elle maintenait les quatre cinquièmes de l'humanité.
Oui, l'esprit européen a eu de singuliers fondements. Toute la réflexion européenne s'est déroulée dans des lieux de plus en plus désertiques, de plus en plus escarpés. On prit ainsi l'habitude d'y rencontrer de moins en moins l'homme.
Un dialogue permanent avec soi-même, un narcissisme de plus en plus obscène n'ont cessé de faire le lit à un quasi délire où le travail cérébral devient une souffrance, les réalités n'étant point celles de l'homme vivant, travaillant et se fabriquant mais des mots, des assemblages divers de mots, les tensions nées des significations contenues dans les mots. Il s'est cependant trouvé des européens pour convier les tra. vailleurs européens à briser ce narcissisme et à rompre avec cette déréalisation.
Conclusion
D'une manière générale, les travailleurs européens n'ont pas répondu à ces appels. C'est que les travailleurs se sont crus, eux aussi, concernés par l'aventure prodigieuse de l'Esprit européen.
Tous les éléments d'une solution aux grands problèmes de l'humanité ont, à des moments différents, existé dans la pensée de l'Europe. Mais l'action des hommes européens n'a pas réalisé la mission qui lui revenait et qui consistait à peser avec violence sur ces éléments, à moditier leur arrangement, leur être, à les changer, enfin à porter le problème de l'homme à un niveau incomparablement supérieur.
Aujourd'hui, nous assistons à une stase de l'Europe. Fuyons, camarades, ce mouvement immobile où la dialectique, petit à petit, s'est muée en logique de l'équilibre. Reprenons la question de l'homme. Reprenons la question de la réalité cérébrale, de la masse cérébrale de toute l'humanité dont il faut multiplier les connexions, diversifier les réseaux et réhumaniser les messages.
Allons frères, nous avons beaucoup trop de travail pour nous amuser des jeux d'arrière-garde. L'Europe a fait ce qu'elle devait faire et somme toute elle l'a bien fait; cessons de l'accuser mais disons lui fermement qu'elle ne doit plus continuer à faire tant de bruit. Nous n'avons plus à la craindre, cessons donc de l'envier.
Le Tiers-Monde est aujourd'hui en face de l'Europe comme une masse colossale dont le projet doit être d'essayer de résoudre les problèmes auxquels cette Europe n'a pas su apporter de solutions.
Mais alors, il importe de ne point parler rendement, de ne point parler intensification, de ne point parier rythmes. Non, il ne s'agit pas de retour à la Nature. Il s'agit très coucrétement de ne pas tirer les hommes dans des directions qui les mutilent, de ne pas imposer au cerveau des rythmes qui rapidement l'oblitèrent et le détraquent. Il ne faut pas, sous le prétexte de rattraper, bousculer l'homme, l'arracher de lui-même, de son intimité, le briser, le tuer.
Non, nous ne voulons rattraper personne. Mais nous voulons marcher tout le temps, la nuit et le jour, en compagnie de l'homme, de tous les hommes. Il s'agit de ne pas étirer la caravane, car alors, chaque rang perçoit à peine celui qui le précède et les hommes qui ne se reconnaissent plus, se rencontrent de moins en moins, se parlent de moins en moins.
Il s'agit pour le Tiers-Monde de recommencer une histoire de l'homme qui tienne compte à la fois des thèses quelquefois prodigieuses soutenues par l'Europe mais aussi des crimes de l'Europe dont le plus odieux aura été au sein de l'homme, l'écartèlement pathologique de ses fonctions et l'émiettement de son unité, dans le cadre d'une collectivité la brisure, la stratification, les tensions sanglantes alimentées par des classes, enfin, à l'échelle immense de l'humanité, les haines raciales, l'esclavage, l'exploitation et surtout le génocide exsangue que constitue la mise à l'écart d'un milliard et demi d'hommes.
Donc camarades, ne payons pas de tribut à l'Europe en créant des Etats, des institutions et des sociétés qui s'en inspirent.
L'humanité attend autre chose de nous que cette imitation caricaturale et dans l'ensemble obscène.
Si nous voulons transformer l'Afrique en une nouvelle Europe, l'Amérique en une nouvelle Europe, alors confions à des Européens les destinées de nos pays. Ils sauront mieux faire que les mieux doués d'entre nous.
Mais si nous voulons que l'humanité avance d'un cran, si nous voulons la porter à un niveau différent de celui où l'Europe l'a manifestée, alors, il faut inventer, il faut découvrir.
Si nous voulons répondre à l'attente de nos peuples, il faut chercher ailleurs qu'en Europe.
Davantage, si nous voulons répondre à l'attente des européens, il ne faut pas leur renvoyer une image, même idéale, de leur société et de leur pensée pour lesquelles ils éprouvent épisodiquement une immense nausée.
Pour l'Europe, pour nous-mêmes et pour l'humanité, camarades, il faut faire peau neuve, développer une pensée neuve, tenter de mettre sur pied un homme neuf.
Frantz Fanon
lundi 24 septembre 2012
Septembre l'automnal
Dans la longue marche du temps, voici qu'advient le moment où l'été s'en est allé mourir aux portes de l'automne. Et dans ce cycle de vie et de mort, de putrescence et de renaissance, l'automne trône à son tour tout en haut de la roue du temps. L'Automne entonne son chant humide, nimbe le paysage de sa brume, il offre ses brouillards à la saison. L'automne mordore le feuillage des hêtres, les chênes s'habillent de couleur tan et les érables rougissent. Dans les bois embruinés, le soleil matinal verse ses premiers rayons comme des traits ocrés, l'astre infuse à la forêt des teintes roussoyantes, des couleurs improbables de chaleur et de convivialité. La sève reflue vers les racines et les odeurs exacerbées d'humus montent de la terre. Dès lors, la nature se pare d'orerie, comme exaltée, l'automne nous investit de ses vents et de ses pluies.
Dans le ciel septembral, l'automne étrenne le silence et les campagnes la reçoivent comme le prodrome du repos hivernal .
Evariste Zephyrin
dimanche 23 septembre 2012
ATELIERS CONTES ET MARIONNETTES
Vous choisissez votre rythme. 2 heures par semaine ou plus.
Inscriptions Samedi 22 et mercredi 26 septembre de 9h à 12h.
RENTRÉE : lundi 1er octobre 2012
Ateliers à partir de 9 ans jusqu'à 97 ans.
Mercredi : 9h à 11h et 13h 30 à 15h 30
Lundi - Mardi et jeudi : 17h à 19h tout public
9 à 16 ans : 60 euros/mois
17 à 77 ans : 80 euros/mois
Parrainage d'un enfant ou d'un adulte possible.
Vous pouvez verser 10, 20, 30 euros/mois pour une personne qui veut suivre cette école. Contactez-nous !
L'école de Jala propose les verbes :
construire, récupérer, animer, inventer, créer, jouer, s'épanouir, apprendre, s'éclater, se soigner, se faire plaisir, faire plaisir aux autres .
La marionnette est un art pluridisciplinaire dont la pratique développe la créativité et le sens du jeu et permet de découvrir le plaisir d'imaginer, de fabriquer et de raconter avec des objets manipulés.
L'art de la marionnette est aussi une véritable discipline des arts du spectacle où la création, la construction, le pouvoir de prêter la vie, nécessitent un apprentissage.
Les techniques abordées permettront de s'initier aux marionnettes à gaine, à fils, à tringles, à tiges, à aiguilles, aux bwabwa, au théâtre d'ombres, bunraku, aux formes animées, Une présentation des travaux et prévue en février lors du 4e festival de marionnettes et en fin d'année.
Jala, marionnettiste professionnelle, sera la formatrice principale.
Cependant, afin d'enrichir la pratique, des artistes invités interviendront de manière ponctuelle à l'école dans des disciplines associées (expression corporelle, masque, chant, arts plastiques, voix, mime, écriture, théâtre, vidéo.).
http://www.editions-lafontaine.com
jeudi 20 septembre 2012
Rhode Bath-Schéba MAKOUMBOU
Exposition du samedi 6 au mercredi 31 octobre 2012.
Maison Africaine/Flamande "KUUMBA"
Rue de la Paix, 35 - 1050 Bruxelles
Vernissage le vendredi 5 octobre à 18h30 (verre de l'amitié en musique)
Entrée gratuite tous les jours de 14h à 22h
La Maison Africaine/Flamande d'Ixelles "KUUMBA" organise au mois d'octobre une exposition des oeuvres (peintures et sculptures) de l'artiste internationale Rhode Bath-Schéba Makoumbou (Congo-Brazzaville). Ces dernières années, elle a surtout exposé à l'étranger. Avec cette exposition, elle fait sa rentrée à Bruxelles dans notre quartier africain Matonge où est également situé son atelier.
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