dimanche 8 septembre 2013

La généalogie d'Aimé Césaire


Les archives départementales m'ont offert l'arbre généalogique d'Aimé Césaire. C'est un précieux document, qui a été réalisé pour le centenaire du poète. On y découvre les premiers ancêtres connus du chantre de la négritude, sans précision de dates pour la plupart d'entre eux ou plutôt d'entre elles, car c'étaient surtout des femmes, majoritairement esclaves. Il y a Jeannette, mais aussi Henriette, et Anne, ainsi que Marie-Victoire. Une autre, Elisabeth Berthra, née en 1795, dispose d'un patronyme, ce qui était rare pour les esclaves, a l'époque. Une autre enfin, Marie Catherine Tarade, est mentionnée comme étant une mulâtresse libre. Au milieu de toutes ces femmes, on trouve un homme, prénommé Barbe. Il est esclave lui aussi. Le premier de la famille à porter le nom de Césaire apparaît en 1813. Il est né esclave a Grand-Anse. Il sera affranchi en 1833, quinze ans avant l'abolition de l'esclavage. Césaire était agriculteur, alors que sa femme, Jacqueline, née en Afrique, sans plus de détails, et affranchie également en 1833, était blanchisseuse. Quand on observe de plus près les noms des ancêtres suivants du poète, il y a deux détails qui frappent. Il y a d'abord un prénom qui revient souvent. C'est le prénom Rose. Il y a les esclaves Rose Rosalba et Luce Rose Sovil, nées respectivement en 1802 et 1815. Il y a Rose Pamphile, née aussi en 1815, ainsi que les agricultrices Rose Césaire (1836) et Rose Bacarolle (1847). Le deuxième détail qui frappe est un nom qui revient par deux fois dans la généalogie d'Aimé Césaire. L'une de ses ancêtres s'appelle Juliette Soveur et l'un de ses ancêtres Sabin Sauveur. On comprend mieux, avec autant de Sauveur et de Rose dans la famille de cet homme, d'où lui venaient sa passion de la nature et son leadership naturel...

Serge Bile

vendredi 6 septembre 2013

La porte du Pérou (1),


Nonobstant la prodigue déveine et l'abondante misère de nous autres, nous nous semonçons  aux banquets des faméliques  et à celui des réprouvés, car comment en serait-il autrement, nous hommes-diasporiques dont   les déportements nous ont drossé en terres étrangères,  en terre "archipélisée", en terre continentale par une épissure, une fissure, que dis-je, une  béance, une gigantesque faille esclavée pluri-centenaire,  nous naufrageant en jours néfastes ci-devant -  Vous ici et pas ailleurs, quoique le sang se dispersa sur tous les flots, sur tous les ailleurs possibles, même les imprévisibles, comme devant nourrir la bouche de malheur d'un dieu affamé, celle d'un diable albescent, dont la progéniture comme  des serpents pullulent en sinistres accidents et en sombres tragédies sur cette planète, l'ensanglantant plus que de besoin, plus que de raison... 

– Nous voilà tel  un fleuve charriant  des flots d'avanies  ou  un cabrouet sur une trace charroyant sa cargaison d'opprobres et de mépris, ballottant ce peuple-continent si puissamment envasé au mitan de nulle part et en butte  à l'humanité...

Tony Mardaye

jeudi 5 septembre 2013

Les Lampadaires


Les lampadaires éclairent le soir, lorsque le ciel se rubéfie et que la nuit succède au jour. C'est une nouvelle inspiration qui naît dans l'instant, une nouvelle magie qui ensorcelle et vous inscrit dans son humeur...

Evariste Zephyrin

dimanche 18 août 2013

Métamorphoses


Métamorphoses des épis mûrs
et magie des tiges en éveil
pour ne jamais mourir à plat
du mal horizontal chronique
toujours qu’il faille encore
rêver debout et sans sommeil
l’œil repu de lumière pure
et de prestidigitation
au futur de la voyance
dans le prestige du silence
et les privilèges de la distance.

Franketienne

lundi 12 août 2013

Les choses de la nuit

 Battre ma coulpe
et me remettre
         lorsque le soir étend sur moi
son aile de vampire
            à la tranquille absurdité
             des choses de la nuit

©José Le Moigne
12 août 2013

Photographie : Christine Le Moigne-Simonis

vendredi 9 août 2013

Le crépuscule

photo de Christine Lacaille
Dans l'agencement du monde, les douze heures du jour ou de la nuit sont filles de Cronos (dieu du temps), et quand vient le crépuscule, la déesse (Dysis) se fait alchimiste, elle aurifie le ciel afin d'attraire nos yeux, sans doute en préparation du prodige de la nuit, qui s'annoncera pour d'aucuns magique...

Evariste Zephyrin

jeudi 8 août 2013

Crépuscule d’été


Il y a ce cri
ce bourgeonnement
cette explosion sacrée
des sources vers le fleuve
le soleil militant
a des pâleurs d’hostie
voici venu le temps
des agonies superbes

©José Le Moigne
8 août 2013

Photographie : Christine Le Moigne-Simonis

Pour Anicia

  Avec bien plus de courage qu’humainement possible  Bien plus d’entêtement de fougue et de foi Qu’humainement supportables  Avec bien plus ...