mercredi 28 octobre 2009

Césaire à l'affiche


Le Studio littéraire lance sa 7e saison lundi avec pour première escale Cabaret Césaire. Imaginé par Rodney Saint-Éloi, ce spectacle est conçu autour du Cahier d'un retour au pays natal, pour rendre hommage à Aimé Césaire, mort en avril 2008 à Fort-de-France. Ce cabaret met en vedette Franz Benjamin, Mireille Métellus, Pascale Montreuil et Michel Vézina, à la 5e Salle de la Place des Arts.

Marguerite Yourcenar

Le 23 novembre, Françoise Faucher lira, au Studio-Théâtre, quelques pages d'Alexis ou le Traité du vain combat, premier roman de Marguerite Yourcenar. La comédienne a rencontré l'auteure, première femme élue à l'Académie française, lors d'un entretien diffusé à l'émission Femme d'aujourd'hui en 1975.

Victor Klemperer

Stéphane Lépine se lancera dans l'aventure de la lecture publique en puisant dans les pages du Journal de Victor Klemperer. Ce livre est un témoignage sur la montée du national-socialisme et la persécution des Juifs dans la ville de Dresde, complètement détruite par les Alliés en février 1945. Depuis 2000, le codirecteur artistique du Studio littéraire multiplie les séjours à Dresde. C'est donc un regard « intéressé » qu'il jettera sur ce journal de résistance sous le nazisme, au Studio-Théâtre, le 30 novembre.

Flannery O'Connor

Pour le dernier rendez-vous de l'automne 2009, l'auteur et comédien Robert Lalonde lira des extraits de Flannery O'Connor, à la Cinquième Salle, lundi 7 décembre. Le Québécois a parlé de cette écrivaine du Sud des États-Unis dans Le Monde sur le flanc de la truite et Le Vacarmeur. Les textes choisis sont tirés de deux recueils de nouvelles, d'essais et de lettres réunis sous le titre L'Habitude d'être.

Le PPM et la stratégie de l'égo.


Au moment où la Martinique se trouve dans un marasme économique et sociétal, confrontée à plus de 37'000 chômeurs, plus de 20 % de pauvres, un recours sans cesse accru d’une frange de la population à la banque alimentaire, une pauvreté tendant à se généraliser auprès des couches moyennes, une paupérisation de l’ensemble de la société, hormis bien sûr les possédants, nous croyons que nous étions en droit d’attendre autre chose de la motion de synthèse «POUR UNE CONSTITUTIONNALISATION DE L’AUTONOMIE», émanant de la convention du Parti Progressiste Martiniquais s’étant déroulée à Rivière salée, le 12 septembre 2009.

Le PPM se devait d’apporter un début de réponse à la crise qui nous frappe, une ébauche de solution aux problèmes que rencontre nos compatriotes ou même prendre part aux débats sur l’évolution statutaire de façon sincère et franche et non de manière serpentale ou serpenteuse.

Il ne nous apparaît pas que le PPM joue le rôle qui lui est imparti, ces louvoiements ne sont pas dignes du parti de feu Aimé Césaire, il ne s’agit de sa prise de position à travers la synthèse, si tentée que ce soit la sienne, mais de la manière dont elle est présentée.

Nous nous sommes questionnés quant à savoir l’opportunité de ce texte allant en porte à faux avec les éloges que nous avons pu lire ou les glapissements des louangeurs entendus.

Ce texte est un brouillamini indigeste se donnant une apparence savantasse en utilisant un jargon ou un charabia juridico-administratif, incompréhensible pour le commun, et quant on connaît la base électorale du PPM on se demande s’il ne se moque pas du monde.

Est-ce si difficile d’écrire un texte qui soit à la portée du plus grand nombre ? Comme cela n’a pas été fait nous nous proposons de le déchiffrer, démonter les mécanismes et artifices sémantiques de la motion de synthèse, car ce texte à nos yeux mérite d’être explicité:



CONVENTION DUPPM 12 SEPTEMBRE 2009 : MOTION DE SYNTHÈSE 
«POUR UNE CONSTITUTIONNALISATION DEL’AUTONOMIE»

PRÉAMBULE

L’évolution institutionnelle voulue par les élus du Congrès et votée à la majorité les 18 décembre 2008 et 18 juin 2009 contient deux objectifs liés à une même ambition:

la création d’une collectivité unique;

le changement de régime politique vers l’article 74 de l’actuelle constitution française.

Nous, Parti historique de l’émancipation martiniquaise réuni en convention, le 12 septembre 2009 à Rivière Salée,

Le PPM utilise un argument d’autorité, il fait prévaloir une légitimité de l’histoire, celle d’une antériorité historique. Mais le simple fait d’être le plus ancien ne fonde pas une légitimité, ni la justesse des propos.

Considérant que la Constitution Française ne reconnaît pas l’existence de la personnalité collective Martiniquaise et nie la notion de Peuple;

C’est une technique qui n’a pas de matérialité. Imaginez que vous reprochez à votre enfant pas encore né, d’être un garçon. Si l’un de vos proches avait cette attitude probable que vous vous poserez des questions sur sa santé mentale.

La constitution française ne reconnaît qu’un peuple, le peuple français puisque c’est la constitution française.

Toutefois, supposons que la constitution française veuille reconnaître le peuple martiniquais, il eut été souhaitable au préalable de définir la notion de peuple martiniquais, ce qui jusqu’à maintenant n’a pas été fait.

Qu’est-ce qui fonde le peuple martiniquais, le droit du sol (jus solis) ou le droit du sang (jus sanguinis) ou est-ce une combinaison des deux.

Il ne peut y avoir de peuple que s’il y a filiation, symbolique ou étatique.

Considérant la nécessité de respecter la personnalité collective du Peuple Martiniquais ;

Comment respecter ce qui n’a aucune réalité légale, pas de réalité sociologique, ni même historique car indéfinie ?

Considérant que pour opérer un changement de statut et de régime politique, le peuple doit être parfaitement informé avant le vote, ce qui ne peut être le cas aujourd’hui;

Il appartient aux partis politiques en premier lieu, tels le PPM et autres, d’informer les populations de leurs projets, si ce n’est pas fait, on peut leur imputer directement la responsabilité.

Considérant la nécessité d’une Autonomie garantissant les règles démocratiques d’une nouvelle gouvernance;

Cette phrase est un non-sens. L’autonomie infère subséquemment de nouvelles règles de gouvernance, car on change de modèle sociétal.

Considérant que le danger serait d’accéder à une autonomie sans pouvoir, une autonomie de dépendance;

Deux prépositions antinomiques. La définition de l’autonomie est justement d’acquérir une indépendance, mais il est probable que l’autonomie politique ne débouche pas sur une autonomie économique, si c’est le cas, c’est que le projet politique a été mal défini et nous pouvons parler d’autonomie carencée.

Considérant la nécessité du maintien du principe de l’égalité des droits et des acquis sociaux gagnés de haute lutte par le Peuple Martiniquais;

Lesquels, sont-ils indépendants des acquis sociaux gagnés par l’ensemble des Français, entre autres les acquis de 1936 ?

Considérant l’impérieuse nécessité de privilégier une Autonomie qui permet de conjuguer l’égalité des droits avec droit à l’initiative et à la différence; laquelle autonomie que tout changement de statut dans la précipitation ne ferait que compromettre;

L’autonomie n’est pas l’indépendance, nos droits sont garantis par la constitution de 58, la spécialité législative générée par le changement de statut n‘implique pas une remise à zéro des acquis sociaux, mais l’ajoutance de compétences dévolues à l’assemblée unique.

Considérant, par rapport à l’urgence de la situation actuelle, que la consultation prévue par la Constitution doit se tenir dans les meilleurs délais, permettant ainsi d’éviter une incertitude, trop longue, préjudiciable à la relance économique et à la paix sociale;

C’est le passage à l’article 74 qui sera susceptible de garantir la paix sociale et la relance économique, nous eûmes aimé connaître les déterminants de cette relance?

Ce qui aujourd’hui menace la paix sociale, c’est le chômage endémique, l’accroissement de la misère tendant à se généraliser, la paupérisation, et le fait que des dizaines de milliers de personnes aient recours à la banque alimentaire pour se sustenter, la violence et le fort sentiment d’être dans une colonie avec des droits différenciés, donc une inégalité des droits de fait.

Considérant que tout report de cette consultation à la demande des tenants du 74, n’aura, en outre, pour conséquence que de bafouer tous les principes démocratiques alors que rien ne justifie le report de la consultation du Peuple Martiniquais et encore moins le report des élections régionales;

Encore faudrait-il qu’une date ait été retenue pour la consultation du peuple toujours indéfini.

Nous réaffirmons la position prise par les élus du Parti Progressiste Martiniquais, lors des débats du congrès des élus : 
Nous proposons :

De faire bloc dans un consensus qui s’inscrit dans le temps, dans le cadre d’une démarche globale et d’un accord entre le Peuple Martiniquais et le Peuple Français.Un processus qui serait compatible avec les réalités politiques du moment.

Le peuple martiniquais ne serait pas le peuple français ? L’autonomie n’est pas censée nous faire étranger à la France.

Ce processus comporterait deux étapes:

- Une consultation immédiate du peuple visant à la mise en place d’une collectivité unique disposant de compétences élargies au titre d’une expérimentation par habilitation pour six ans, à partir d’un mode de scrutin intégrant la représentation territoriale.

A première vue, un processus difficile à mettre en œuvre, il faudrait une modification de la constitution, opération relativement lourde. Enclencher un tel processus, revient à ouvrir la boite à Pandore, chaque département, chaque région voudra son assemblée à la carte, ce qui sera ingérable.

Ceci est un leurre politique ou un moyen de renvoyer à Mathusalem des questions à régler.

– Une seconde consultation, au bout de cette période de six ans, destinée au changement de statut, sur la base des propositions concrètes que notre expérimentation nous aura permis d’élaborer.

Le changement de statut s’opérera après l’établissement de l’assemblée unique, dans le cas où l’assemblée unique serait repoussée comme ce fut le cas en … le changement de statut ne s’imposera car lié à la proposition

Cette période de six ans sera une période d’expérimentation, d’apprentissage et d’auto-institution des responsabilités nécessaires à une gouvernance globale, transversale et cohérente.

Quelles sont les modalités de cette expérimentation ?
Quel est le protocole défini ?
La grille permettant la lecture de cette expérimentation ?

Pendant cette période, notre réflexion active, éclairée par l’action, permettra une négociation responsable avec l’Etat Français, en vue du changement de statut, ce qui constituera une méthode imparable pour éviter tous les dangers et toutes les incohérences d’une aventure mal préparée.

Qu’est-ce une réflexion active ? Que l’on ne me réponde pas une réflexion qui débouche sur une action.

L’autonomie fusse-elle négociée ou imposée, n’évitera pas le risque ou les incohérences.

Ce qui doit préluder à l’autonomie est un plan de développement économique, susceptible de créer des emplois et faire reculer la misère. Si cette condition n’est pas respectée la population n’échangera pas la proie pour l’ombre.

Cette période permettra également la mise en cohérence des politiques publiques, la fusion des deux collectivités locales, l’organisation des outils de gouvernance locale, la détermination des moyens de cette gouvernance.

Ainsi, c’est en pleine connaissance de cause que le peuple se prononcera et comme le dit Aimé CESAIRE: «le droit de s’autodéterminer et de s’autogouverner dans un cadre constitutionnel démocratiquement débattu et librement accepté.»

Il faut laisser feu Aimé Césaire en dehors de tous ces salmigondis politiques.

Pourquoi ne pas dire tout simplement que le PPM n’est pas favorable à l’article 74 ?

Et qu’il sera favorable à l’autonomie que dans 14 ou 15 ans, une fois que les présidents de département et de région ne seront plus ?

Sous couvert de l’intérêt d’un pseudo peuple martiniquais, ce texte a été pesé à l’aune de l’ambition d’un homme ou juste pour nous endormir.

La Martinique n’est pas censée être le terrain de jeu des ambitions de pouvoir d’untel ou d’une telle, il me semble qu’il est temps d’abandonner la mentalité du «sauve qui peut», afin qu’ensemble nous trouvions les voies d’un développement concerté, respectueux des hommes et de notre environnement.

Que la population choisisse le 74 ou se satisfasse du 73, ce n’est pas le plus important, ce qui importe c’est que la Martinique ne devienne pas un champ de ruine, un pays violent ou la misère prédomine et que tout un chacun n’aie qu’un rêve, c’est de la quitter, ma foi ce qui se passe avec une certaine intensité dans quelques pays caribéens voisins.

Voilà notre vrai défi, et la question à se poser: est-ce que le vivre ensemble sera-t-il possible dans cinq ans en Martinique ?
Tony Mardaye

Le « statu quo » est celui de nos politiques

Depuis quelques semaines, certaines personnalités prétendent se livrer à une exégèse soi-disant objective de la pensée du président de la République suite à son discours de juin 2009, à l'aéroport Aimé-Cesaire. Il est vrai que le président de la République a affirmé à cette occasion que « la récente crise nous a rappelé à quel point le statu quo n'était pas nécessairement la meilleure voie » .

D'ailleurs, cette volonté, il l'affirme aussi dans l'Hexagone où il souhaite que s'engagent de profondes réformes des institutions. Depuis, ceux qui se voudraient les seuls défenseurs d'une Martinique plus responsable veulent nous faire croire que Nicolas Sarkozy, qu'ils soupçonnaient de néocolonialisme il y a peu de temps encore, approuve, voire soutient, leur volonté d'imposer aux Martiniquais un passage en force à leur « article 74 conduisant à l'autonomie » .

Mais beaucoup de Martiniquais présents à l'aéroport Aimé-Césaire ce jour là, ont clairement compris que le statu quo auquel Nicolas Sarkozy faisait allusion était, avant tout, celui du marasme dans lequel la plupart de ceux qui prônent aujourd'hui le « 74 » ont plongé le pays depuis près de 25 ans.

Pour s'en convaincre, il suffit de relire le discours du président de la République pour l'entendre aussi affirmer que : « 'ai toujours été ouvert à la question de l'évolution institutionnelle, sans en faire toutefois une priorite ? » . « Les Martiniquais seront libres de choisir, en leur âme et conscience, le chemin qu'ils souhaitent emprunter... Pour ma part, je n'ai, à ce stade, pas de préférence à faire valoir entre tel ou tel modèle d'évolution institutionnelle... Différents scénarios sont possibles et parfaitement respectables : le statu quo ; la création d'une collectivité unique dans le cadre de l'actuel article 73 ou le statut autonome de l'article 74... »

Le vrai changement est celui des engagements

Il ajoute que « l'évolution institutionnelle peut aussi se concevoir comme un processus, une démarche comportant plusieurs étapes. Par exemple, on pourrait imaginer dans un premier temps, la création d'une collectivité unique de l'article 73, assortie d'un pouvoir normatif renforcé ?. Après plusieurs années, et à l'issue d'une évaluation du fonctionnement de cette collectivité unique, une seconde étape, vers plus d'autonomie, pourrait être engagée » .

Il est vrai que personne ne pourrait comprendre que nous fassions le choix de laisser notre pays dans la paralysie et la torpeur, conséquences de l'incapacité de nos deux présidents d'Assemblées à impulser un véritable développement économique, cherchant sans arrêt auprès d'un Etat-tiroir-caisse, la réponse financière au moindre problème. Oui! C'est bien à un changement d'ère (et peut-être « d'air » ) et de génération, auquel Nicolas Sarkozy nous encourage... un changement dans nos relations réciproques avec l'Hexagone pour plus de responsabilités, pour une véritable prise en mains de notre avenir, pour plus d'audace dans nos projets, pour une construction et un développement gagnant-gagnant.

Oui! Le débat est pour nous, comme le dit Nicolas Sarkozy, « celui du juste degré d'autonomie. Celui de la responsabilité. Celui de l'équation unité/singularité ? » .

Mais où dit-il que le vide de la proposition d'un article 74, échappatoire trouvée par des élus qui n'ont aucun projet pour le pays et qui veulent fuir leur responsabilité, serait la seule voie pour nous ?

Qu'engager la Martinique dans une aventure non préparée sur la base de discours incantatoires qui ne répondent à aucune des questions concrètes que se posent les Martiniquais, serait LA solution ; et que l'État apporterait sa caution financière à cette belle affaire ?

Pourquoi, quelques jours après le discours de Nicolas Sarkozy, le Premier ministre, François Fillon, aurait-il pris le risque de contredire le président de la République en déclarant aux Réunionnais : « Vous voulez être des Français comme les autres. Vous voulez les mêmes institutions que les autres (...). Ce message, je le reçois avec enthousiasme et je l'appuierai aussi souvent qu'il s'exprimera » ?

Non, concitoyens martiniquais, ne nous laissons pas tromper. Si le seul choix que nous proposait le Président de la République était celui d'un « miraculeux » article 74, pourquoi aurait-il alors prévu une deuxième consultation pour une évolution, oui une évolution, mais cette fois dans le cadre sécurisant de l'article 73 ?

Ce ne sont pas ceux qui agitent les sirènes d'une autonomie, légitimement désirable à terme dans toute évolution d'un individu, d'un peuple, d'un pays, qui assumeront les conséquences d'un saut, sans parachute, dans le vide de leur statut 74 improvisé! Ceux pour qui la chute sera la plus dure sont, de toute évidence, les plus fragiles.

Il suffit pour s'en convaincre d'écouter les plaidoyers vibrants des députés de Polynésie, du préfet de St Pierre-et-Miquelon ou du sénateur de St Martin, toutes trois Collectivités régies par l'article 74. On comprend alors que si l'Egalité de droits garantie par l'article 73 ne résout pas tout, elle permet pour le moins d'amortir le choc violent de la crise pour les plus démunis.

Les temps ont changé depuis l'après-guerre et les indispensables décolonisations. Dans le monde de ce XXIe siècle, ceux qui gagnent sont ceux qui ont compris qu'il fallait savoir se regrouper pour exister sur la scène mondiale, mais se regrouper dans le respect des identités et particularismes, dans une démarche de symbiose enrichissante.

Si le temps est venu de la Responsabilité, de déployer nos atouts à partir de notre propre vision, de contribuer à la production de nos propres richesses, rien n'autorise les illusionnistes à jouer avec le destin d'un peuple!

Nous sommes convaincus que les hommes en place et leur clientélisme délétère ont une lourde responsabilité dans la situation désespérante que nous vivons.

Nous devons préparer le changement profond et indispensable pour la Martinique, le vrai changement, en prenant des engagements clairs avec le peuple tout entier, et les acteurs socio-économiques en particulier.

Oui! L'assemblée unique dans l'article 73 est un premier pas vers plus de cohésion, plus de clarté, qui doit nous permettre de refonder notre projet de société.
Oui! Nous devons avancer, sinon la pression mondiale nous l'imposera! Mais nous devons le faire, « au pas du peuple » , dans le consensus le plus large possible, et avec le nécessaire pragmatisme qui permettra de préserver nos acquis et l'égalité des droits si chèrement conquis par nos ainés.

C'est pourquoi, solidement ancré dans les valeurs républicaines et démocratiques de ma famille politique, alliant solidarité active et responsabilité entre-preneuriale, je considère, en mon nom personnel et dans le contexte actuel, que le rassemblement de toutes les forces de progrès est une démarche moderne, responsable et donc souhaitable, pour construire l'édifice institutionnel du socle démocratique de la Martinique de demain.

Christian Rapha, porte-parole de Evolution 73

PASSONS A L’OFFENSIVE

Discours de Georges Erichot, Secrétaire général du PCM

mercredi 28 octobre 2009

Il m’est donné, en tant que représentant du Parti Communiste Martiniquais, d’être le premier à prendre la parole au nom des partis politiques, à l’occasion de ce premier meeting du Rassemblement Martiniquais pour le Changement.

Est-ce une reconnaissance ? En tout cas, je le ressens comme tel, et j’éprouve une joie immense en ce jour qui marque la concrétisation de ce rêve caressé depuis si longtemps par mon Parti, rêve de voir la gauche authentique, les démocrates et les forces de progrès, mettre de côté leurs divergences, et se rassembler sur l’essentiel, pour mener ensemble ce combat si exaltant et tenter de sortir notre pays de la dramatique situation dans laquelle il s’enfonce chaque jour d’avantage.

En disant cela, je pense à tous ces militants anticolonialistes, communistes pour la plupart, qui ont si chèrement payé pour leur engagement contre tous les méfaits du colonialisme et du capitalisme ainsi que pour l’émancipation du peuple martiniquais.

Un long chemin parcouru

André Aliker, assassiné en 1934 pour avoir dénoncé la gigantesque fraude fiscale organisée avec la complicité de l’administration coloniale.

Camille Sylvestre déchu de ses droits civils politiques pour avoir réclamé le droit des Martiniquais à gérer leurs propres affaires.

Militants syndicalistes emprisonnés pour s’être engagés dans les luttes sociales aux côtés des travailleurs afin d’arracher des mains des gouvernements de droite les avantages sociaux dont leurs relais locaux se prétendent être aujourd’hui les plus grands défenseurs.

Armand Nicolas, Georges Mauvois, Walter Guitteaud, Guy Dufond ont eu à subir les foudres du pouvoir colonial à travers l’ordonnance scélérate de 1960.

Que de chemin parcouru depuis leur 11ième Conférence fédérale, les 6 et 7 août 1955 où les Communistes, moins de 10 ans seulement après s’être battus pour la départementalisation, reconnaissaient que l’assimilation niait “le caractère colonial de notre pays, masque l’oppression et de ce fait désarmait les masses populaires”.

Et de réclamer déjà, en 1955, “la participation plus large des Martiniquais à la gestion de leurs propres affaires”. Mais notre réflexion ne s’arrêta pas là puisque le 24 février 1960 notre Parti adopta un projet de nouveau statut pour la Martinique, “territoire fédéré à la République française”, c’est-à-dire l’Autonomie.

Ceux qui s’étaient engagés dans ce combat étaient présentés par les assimilationnistes comme “des traîtres à la mère patrie”.

Que de chemin parcouru puisque depuis sa révision de 2003, l’article 74 de la Constitution française nous reconnaît le droit de revendiquer “un statut qui tient compte des intérêts propres de chacun des territoires au sein de la République”.

Une longue liste de reniements

Que de chemin parcouru, mais aussi que d’obstacles, de pièges, de reniements restant à surmonter.

Reniements de ceux qui, au Congrès ont voté pour le passage à l’article 74 et qui se présentent comme les victimes d’on ne sait quelle pression pour leur arracher leur vote.

Reniement, une fois de plus, des dirigeants de cet autre parti qui, chaque fois que cette autonomie dont ils prétendent en être les pères est à portée de main reculent. En 1981 ils ont décrété le moratoire et aujourd’hui ils proposent la “troisième voie d’une autonomie constitutionalisée”, appelant ouvertement à voter contre l’article 74, le seul qui permet d’accéder à l’autonomie. Ils signent de fait un accord avec les oxydés de la droite conservatrice, prenant le risque d’enfermer quasi définitivement notre pays dans le cadre de l’article 73, privant nos Elus de ce véritable pouvoir de décision qui leur donnerait les moyens de mettre en œuvre une politique nouvelle. Car, il est tant de sortir de ce millefeuille institutionnel synonyme de paralysie, d’impuissance et de gaspillage.

La fin d’un cycle

Après l’abolition de l’esclavage en 1848, la départementalisation-assimilation en 1946, la régionalisation en 1982, nous voilà arrivés à “la fin d’un nouveau cycle historique”, comme le reconnaît enfin le président de la République lui-même.

Comment, après tant d’échecs de tous ces plans de développement qui nous ont été imposés, comment aujourd’hui, face à une situation aussi dramatique, peut-on vouloir persister à s’enfermer dans le cadre de cet article 73 qui ne permet d’accéder qu’à quelques miettes de compétences nouvelles, pour une durée de deux ans et au prix d’un parcours législatif digne de celui d’un combattant et dont l’issue n’est jamais certaine ?

Les ennemis de toujours

L’histoire de notre pays est jalonnée de tentatives désespérées de ceux qui se sont toujours opposés aux moindres changements qui ont amélioré le sort de notre peuple.

Ce sont ceux-là qui, en 1848 avaient tenté de persuader les esclaves d’attendre que leurs bons maîtres veuillent bien leur accorder la liberté.

Ce sont ceux-là qui, en 1946 se battaient contre la départementalisation et l’égalité des droits voulues par les communistes, s’étaient opposés à l’instauration de la Sécurité sociale. Aujourd’hui, ils se présentent sans vergogne, comme étant les plus ardents défenseurs des acquis sociaux qu’ils ont tant combattus.

Ce sont ceux-là mêmes encore qui, en 1982, présentaient la régionalisation et le projet d’assemblée unique comme l’antichambre de l’indépendance.

Esclavagistes hier, néocolonialistes et profiteurs d’aujourd’hui qui ont fait fortune dans cette économie d’import consommation, alliés à la grande bourgeoisie française, ils entendent perpétuer ce système de néo-colonie départementale qui leur convient si bien.

A chaque rendez-vous de notre pays avec son histoire, par réflexe de classe, ils s’attachent désespérément au passé et à leurs privilèges et ne finissent par accepter le changement qu’après avoir vérifié qu’il ne touche en rien à leurs privilèges. Ils ont pu retarder notre marche en avant, mais ils ne sont jamais parvenus à l’arrêter !

En réalité, ils ont toujours un retard sur le train de l’histoire !

Les autres mystifications

Et que dire de ceux qui, par un calcul machiavélique, nous proposent une soi-disant période d’expérimentation dans le cadre de l’article 73, en nous promettant d’obtenir une nouvelle révision de la Constitution, puis de passer à l’autonomie dans 6 ans ou aux calendes grecques, espérant que le temps aura déjà éloigné de la scène publique les deux principaux porte drapeaux de notre combat pour l’autonomie, à savoir Claude Lise et Alfred Marie-Jeanne.

Calcul sordide, calcul cynique, calcul machiavélique de ceux qui prétendent être les dépositaires de la pensée si humaniste d’Aimé Césaire !

Pas question d’attendre plus longtemps

Mais camarades et amis, il n’est plus possible d’attendre, car il y a le feu dans la maison. La crise sociale et sociétale de février-mars dernier, que les adversaires du changement présentent comme étant responsable de la débâcle économique actuelle n’a été en fait que le révélateur de ce ras le bol profond vécu dans presque toutes les couches sociales de la population.

Chômage massif, faiblesse chronique de l’économie, pauvreté et exclusion en hausse, jeunesse à la dérive, grignotage et empoisonnement de nos terres agricoles, ravages d’une défiscalisation mal conçue, dépossession par les Martiniquais de leur patrimoine, génocide par substitution, problème des 50 pas géométriques, de la cherté de vie ou des transports…etc.

Nous voilà plongés dans une situation lourde de dangers pour l’avenir et de laquelle il nous faut absolument sortir.

C’est pourquoi le Rassemblement Martiniquais pour le Changement qui regroupe l’ensemble des forces et des personnalités de progrès favorables à l’autonomie est passé à l’offensive.

D’abord sur la base d’une argumentation claire, précise et objective pour combattre la campagne de peur amplifiée ces temps-ci par les adversaires du changement, pour réfuter point par point les arguments mensongers qu’ils continuent de distiller dans la population sur la perte des avantages sociaux où la perspective de l’indépendance.

Leur acharnement est tel qu’ils vont jusqu’à mettre en doute la parole de leur chef, Nicolas Sarkozy, qui en maintes circonstances a clairement situé les enjeux de la prochaine consultation en déclarant notamment le 29 juin 2009 que “Le débat.... n’est donc pas celui de l’indépendance… mais du juste degré d’autonomie, Celui de la responsabilité”. Les voilà qui, en dépit des mises en garde du président de la République, se sont remis à souffler sur les brasiers de la peur.

Camarades, amis, nous avons suffisamment d’arguments pour faire mentir les pseudo sondages, pour démystifier les craintes, rassurer nos compatriotes, les convaincre de l’impérieuse nécessité de nous donner collectivement les moyens de peser sur notre avenir en disposant de plus de plus de pouvoirs.

Car nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins. Nous n’avons pas le droit de manquer ce rendez-vous historique.

Ceux qui prônent le statu quo et qui n’ont de projet que la satisfaction de leurs ambitions personnelles ou la défense des intérêts de ceux qui dominent l’économie du pays, en se contentant d’une politique d’assistanat (en régression d’ailleurs), prennent une lourde responsabilité face aux générations présentes et avenir en leur faisant croire que la France continuera indéfiniment à nous donner le biberon.

L’Autonomie : un moyen, pas une fin

L’accession à une certaine l’autonomie, que seul permet le passage à l’article 74, n’est pas pour nous une fin en soi, mais un moyen de disposer des pouvoirs législatifs et réglementaires pour mettre en œuvre une véritable politique de développement endogène, durable et de justice sociale.

Une politique qui devra s’appuyer sur les forces vives du pays pour satisfaire d’abord les besoins de notre population, réduire cette dépendance si dangereuse vis-à-vis de l’extérieur, s’attaquer aux intolérables injustices et aux inégalités, et offrir de réelles perspectives à notre jeunesse.

Passer à l’offensive

L’heure n’est donc plus aux hésitations, Camarades, passons donc à l’offensive.

Unis nous sommes plus forts. Dans l’unité, marchons vers la victoire pour une Martinique au travail et responsable au sein d’une République française qui semble enfin reconnaître notre droit à la différence.

Pour sa part, le Parti communiste est décidé à participer pleinement à ce combat pour l’émancipation politique et sociale de notre peuple !

Vive le rassemblement martiniquais pour le changement ! En avant pour l’autonomie ! Travaillons à convaincre nos compatriotes de la nécessité de passer à l’article 74.

vendredi 16 octobre 2009

Israël en Afrique, à la quête d’un paradis perdu

Dans son inoubliable «Discours sur le colonialisme», Aimé Césaire dénoncera le primat accordé par les Européens à l’expiation du génocide hitlérien dans une démarche visant à occulter ce qu’il estime être le plus grand génocide de l’histoire moderne, la mise en esclavage de l’Afrique et la traite négrière. La rupture entre Juifs et Noirs est intervenue précisément durant la période de la décolonisation de l’Afrique. Afficher un soutien résolu à l’indépendance d’Israël, et, carboniser, dans le même temps, les Algériens à Sétif et à Guelma, faucher à la mitraille les Sénégalo-maliens à Thiaroye, les Camerounais et les Malgaches sur leur sol national, pour étouffer toute velléité d’indépendance africaine, a paru aberrant à bon nombre d’Africains, qui y ont vu la marque d’une collusion entre les pays occidentaux et le nouvel Etat juif naissant.

Aimé Césaire, sur l'ensauvagement de l'Europe



« Il faudrait d'abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l'abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu'il y a au VietNam une tête coupée et un oeil crevé et qu'en France on accepte, une fillette violée et qu'en France on accepte, un Malgache supplicié et qu'en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s'opère, une gangrène qui s'installe, un foyer d'infection qui s'étend et qu'au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées. de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de 1'Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l'ensauvagement du continent. »

Ce texte là, qui parle précisément de l'Europe
dit aussi tout de l'ensauvagement macoute
et des années qui suivirent
et de la colonisation du peuple haïtien par une
minorité qui ne recule devant aucune
violence.
Chez cette minorité il y a comme dit Césaire :
"une gangrène qui s'installe, un foyer d'infection qui s'étend et qu'au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées. de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés..."
Le peuple haïtien, les paysans, les ouvriers, les artisans
travaillent énormément -quand il peuvent-
Ils ont énormément souffert d'une exploitation sans pitié
et sans fards
ils ont perdu beaucoup des leurs en se rendant à des combats
sans armes
et menés par des traites.

Maintenant, peuple haïtien, il faut faire une pause
Il faut laisser les colonisateurs
de l'intérieur
qui s'agitent face aux prochaines élections présidentielles.
faire leurs petites affaires patriotiques.

Peuple haïtien, Il faut profiter de cette pause
pour soigner tes blessures
pour apprendre à mieux t'organiser
pour apprendre à ne pas faire confiance au premier quidam venu
pour apprendre à repérer les agents infiltrés dans tes rangs
payés pour mettre des noms de personnes sur des listes
qui dans la nuit, au cours d'une descente de ninja "descendus"
des beaux quartiers, seront tuées

Peuple haïtien, tout ceci tu le sais
Tu as la mémoire des luttes menées
du marronage, en passant par l'Indépendance
jusqu'à aujourd'hui
C'est plus de 200 ans de luttes
qui t'ont laissé affaibli
Fais une pause pour t'occuper de tes propres affaires
des affaires d'eau
des affaires d'agriculture
des affaires de santé
des affaires de sécurité
des affaires d'alphabétisation
des affaires d'éducation.

Fais une pause, peuple haïtien
et occupe toi de tes affaires
pas de celles du pasteur
pas de celles du curé
pas de celles du granneg
pas celle du (de la) patron(ne) d'ONG

Profites que les macoutes
ne soient pas encore officiellement de retour
pour créer des comités de quartier
pour prendre en charge ton environnement
comme tu avais commençé à le faire en 1986
avant que la bande à Namphy, Avril et tous ces cruels
professionnels en coups d'Etat
ne te tombe dessus, tue, viole et torture.

Fais une pause peuple haïtien
n'écoutes pas ceux qui passent leur temps à te dénigrer
à te traiter de Nul, Aryere, paresseux
c'est pour mieux t'exploiter
ou pour faire de beaux romans.
Reprends confiance en toi, peuple haïtien
Celui qui a l'information la fait passer
Celui qui sait lire apprend aux autres

Peuple haïtien fait une pause
pour apprendre à
vivre de manière autonome
à organiser tes propres réseaux.
à créer tes propres structures.
Partout dans le monde des groupes
sont prêts à t'aider.

Fais une pause, peuple haïtien
parce que AUCUN dialogue n'est possible
avec les élites colonisatrices actuellement
Peuple haïtien, tu ne peux RIEN
apprendre de ces "élites" colonisatrices
ces élites se trouvent dans un état de décivilisation
qui correspond à cette description de Césaire :
"la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l'abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale,.."

Salles-la-Source. Esclavage, se libérer des chaînes

Le café littéraire et musical du 13 octobre, à Pont-les-Bains, a marqué le début des manifestations publiques : « Regards sur l'esclavage ».

Un public important a été chaleureusement accueilli dans une salle agréablement préparée avec le soutien logistique du comité des fêtes. Christian Viguier a remercié participants et intervenants et présenté tant la soirée que l'ensemble des manifestations organisées en octobre et novembre. Lectures, musique, chansons, vidéo, se sont harmonieusement enchaînées, interprétées avec talent.

Des témoignages, des images, des textes et des poèmes, particulièrement forts, traduisant toute la violence dont ont été et, hélas ! sont encore l'objet tous ces hommes, femmes et enfants arrachés à leur famille, à leur pays, traités et vendus comme du bétail. Avant d'interpréter un poème d'Aimé Césaire, fondateur du mouvement littéraire de la négritude et anticolonialiste convaincu, Geneviève Foure a raconté que celui-ci avait souhaité recevoir le livre de Marcel Koufinkana, « Les Esclaves noirs sous l'ancien régime », mais que, décédé entre-temps, le livre ne lui était jamais parvenu. L'hommage de Françoise Mercier, coordonnatrice du projet, à Marcel Koufinkana, son compagnon décédé, père de sa fille Mona, a été très émouvant.

Tous les intervenants ont été applaudis et tous seraient à citer, mais une mention particulière sera attribuée à Stéphane et son saxo, à Cécile, Isabelle, Alain et Daniel, à la chorale de Lusine et bien évidemment à Christian Viguier qui fut ovationné.

Ce dernier, donnant rendez-vous au Manoir de Valady le 6 novembre, à 20 h 30, pour la conférence « Les Nouveaux Esclaves du capitalisme » de Patrick Herman, concluait : « Pour ne pas oublier, pour ne pas rester indifférents, pour ne pas accepter l'inacceptable, pour se libérer nous-mêmes de nos propres chaînes et pour garder l'espoir, merci à tous ».

dimanche 4 octobre 2009

Bienvenue à la Maison des civilisations

Il est bon de connaître mieux son passé. Cela pour comprendre son présent et pour appréhender de manière constructive l’avenir. La Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise sera, je l’espère dans ce sens. Soit c’est un mémorial, soit c’est un lieu capable d’initier la réflexion et la pensée. Donner du sens à la vie ; tel est notre devoir dans ce monde “grand village”. Il est si tourmenté en chocs multi ethniques et guerres sous jacentes de civilisations. Nous accéderons à la paix nécessaire, au bien être de l’humanité lorsque l’Est et l’Ouest dialogueront et Nord et Sud partageront. Il n’est pas question d’idéalisme béat mais de réalisme. La négritude a donné corps à une âme et une identité antillaise et africaine. Le métissage devrait donner naissance à la réalité du 21e siècle au monde. Si des contrées comme le Brésil, les USA d’aujourd’hui et à notre niveau la Réunion peuvent faire figure de laboratoire, nous nous devons de réfléchir aux risques de la négation du multiculturalisme. La Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise et du monde en serait le phare, le lieu d’échange où nous nous abandonnons à la diatribe politicienne ou nous profitons de cet outil, ou encore ça nous passe au-dessus de la tête. Car nous le voyons bien l’enjeu est de rendre cette maison aux Réunionnais. Que cela soit une appropriation du contenu du plus grand nombre. Et non pas une confiscation par des chercheurs et autres universitaires. La Nouvelle-Calédonie possède la maison Jean Marie Tjibaou, la Martinique compte sur la négritude d’Aimé Césaire. La Réunion mérite d’avoir un tel outil. Et éviter dans les prochaines échéances électorales un argument fallacieux d’un enjeu politique. Bienvenue donc à la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise

P. Condapanaïkew